Javier Tomeo

" Je suis né un 9 septembre de l'autre côté de la frontière, mais précisément là où les Pyrénées sont les plus hautes et pratiquement infranchissables. C'était trois ou quatre ans avant que l'Espagne ne voie éclater sa terrible guerre. Et pourtant ce qui a plus compté pour moi c'est d'être né en Aragon. Nous autres Aragonais avons, sans aucun doute la tête dure. Au moins aussi dure que celle qu'en France ont les Bretons. Je suis venu avec ma famille à Barcelone et c'est à l'université dans cette ville que j'ai étudié le droit et la criminologie. La proximité de la grande mer a adouci avec les années la rudesse de mon caractère. Et je suis toujours là, à pied d'œuvre. "


© Mathieu Bourgois

" Rien ne ressemble davantage à un livre de Javier Tomeo qu'un autre livre de Javier Tomeo, comme l'auteur l'a amplement démontré dans la quarantaine de textes qu'il a publiés jusqu'ici. On lui pardonne cependant parce que rien, dans la littérature espagnole contemporaine, ne sort davantage du lot que n'importe lequel de ses livres. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer l'immense force intérieure qui anime Javier Tomeo, et qui inspire et imprègne l'ensemble de son projet littéraire - un projet à la fois unitaire et global, d'une profondeur extrême en dépit de sa grande simplicité -, ainsi que la maestria avec laquelle il contrôle la totalité de son œuvre. Une œuvre qui semble progresser et se développer seule comme mue par un étrange mécanisme intérieur qui l'empêcherait de s'arrêter, voire de se livrer à l'introspection, choses dont elle ne semble pas avoir besoin pour aller de l'avant, seule, étrangère aux sollicitations extérieures. Simple et profonde à la fois, harmonieuse et équilibrée, la production de Tomeo est l'une des plus singulières et originales de la littérature espagnole actuelle. "

Rafael Conte - Courrier International
août 2001