Renato Cisneros

La Distance qui nous sépare

Alexia Kalantzis / BLOG La Petite Revue - septembre 2017

Comment réduire la distance qui sépare un fils d'un tel père ? Peut-on résoudre le paradoxe de cet homme politique et militaire si décrié pour son rôle dans les persécutions, les écoutes téléphoniques et les disparitions étranges qui ont touché le Pérou dans ses années noires, et qui, pourtant, se révèle être un père de famille et un mari aimé ? Telles sont les questions auxquelles tente de répondre le fils, mais aussi l'écrivain, dans ce beau roman [...].

Ariane Singer / Le Monde - septembre 2017

Biographie intime et romancée qui court jusqu'à la maladie et la mort du général, La Distance qui nous sépare est aussi une enquête historique. El Gaucho a-t-il vraiment fomenté un coup d'état contre le régime ? A-t-il en personne commandité l'assassinat ciblé de militants révolutionnaires ? En journaliste, Cisneros explore avec force détails, documents et témoignages, les zones d'ombre du général. Son amitié indéfectible avec les chefs sanguinaires de la junte argentine (ses anciens camarades de l'école militaire de Buenos Aires), ses liens étroits avec le général Pinochet... Sans chercher à les minimiser ni à les justifier. Pas plus qu'il n'élude les violentes diatribes du père contre la présidence autoritaire et corrompue d'Alberto Fujimori (1990-2000).
Entremêlant faits historiques et souvenirs d'une enfance très protégée - avant que les menaces de mort ne plongent le foyer dans la terreur -, Renato Cisneros livre ici le captivant récit d'une étrange et dérangeante filiation. Un puzzle amoureux et lucide, loin de toute forme de procès ou de réhabilitation.

Baptiste Liger / L'Express - septembre 2017

Au-delà du portrait tout en nuances d'El Gaucho, l'auteur livre un pan de l'histoire de l'Amérique du Sud et, l'air de rien, une réflexion sur l'amour filial, parfois tiraillé entre bien des sentiments.

Elisabeth Miso / Florilettres - septembre 2017

En retraçant le parcours amoureux et politique de cet homme secret, intransigeant, séducteur, insubordonné, sûr de lui, pour qui la peur et le doute étaient "une sorte de brume qui ne l'avait jamais atteint", l'auteur va faire surgir ses failles insoupçonnées, révéler sa duplicité dérangeante et démêler ses propres sentiments. Comment s'accomoder d'une telle filiation, comment faire coïncider l'image d'un père cultivé, amateur de littérature, strict mais aimant avec ses enfants avec celle d'un parfait inconnu et d'un oppresseur ? Au fur et à mesure de ses découvertes, Renato Cisneros identifie les bonnes raisons qui ont motivé sa longue quête : "en finir une bonne fois pour toutes avec mon père, pour me l'ôter définitivement de la tête, pour l'empêcher d'être le centre des angoises viscérales qui ne me quittent jamais et pour lui faire une place dans un lieu immatériel où je pourrai apprendre à l'aimer à nouveau".

Véronique Bergen / art press - septembre 2017

Que connaît-on d'un homme lorsqu'il nous quitte ? Dans La Distance qui nous sépare, Renato Cisneros nous livre le récit d'une enquête sur son père, le général Luis Federico Cisneros Vizquerra (1926-1995) dit El Gaucho, ministre au Pérou, proche de Pinochet, de Videla, ordonnateur d'une guerre sans merci contre les gérilleros du Sentier lumineux. Comment peut-on avoir été père et bourreau ? Comment être fils alors que le géniteur est mort ? Roman sur le mythe des origines, sur le travail de la mémoire et de l'oubli, sur la transmission de blessures taboues de génération en génération, le livre tente de libérer les cadavres du placard, de lever les zones d'ombre de la vie d'un des acteurs majeurs de la dictature péruvienne. Ecartelé entre amour filial et révélation progressive de l'ampleur de la politique criminelle poursuivie par le père, le fils interroge l'opacité des êtres, la complexité des sentiments.

Que Tal Paris ? - septembre 2017

Nul doute que Renato Cisneros est un écrivain talentueux. Désormais, on peut également ajouter, comme l'affirme Mario Vargas Llosa, qu'il fait preuve d'un immense courage. Dans son dernier roman, Renato Cisneros se met à nu et nous dévoile les histoires passées de sa famille et ses ressentis. [...] Avec une prose envoûtante et intimiste, Renato Cisneros part à la recherche de son père, un homme de clairs obscurs : militaire répressif, passionné de littérature, ami de ses amis, père aimant et éternel séducteur.

Romain Blandre / Pages d'Histoire[s] - août 2017

Plus qu'un roman, il s'agit aussi d'une biographie courageuse et touchante. Un véritable exercice de style et une magnifique "auto-thérapie" pour un fils qui cherchait à comprendre et à combler la distance qui le séparait d'un père qui l'a quitté alors qu'il n'était pas assez mature pour le comprendre. C'est aussi une plongée phénoménale dans plus de vingt années d'une dictature bien mal connue de ce côté de l'Atlantique. C'est enfin également l'hommage et les remerciements qu'un fils adresse à un père qui semble avoir tout sacrifié pour permettre à son fils d'accomplir les rêves que lui-même n'avait pas pu réaliser.

Serge Bressan / Le Quotidien du Luxembourg - août 2017

Un romancier, le Péruvien Renato Cisneros (né à Lima en 1976) raconte son père, Luis Federico Cisneros Vizquerra (né en 1926 à Buenos Aires, mort en 1995 à Lima). Dit ainsi, La Distance qui nous sépare relèverait de la plus grande banalité. Sauf que ledit père a été, dans les années 1970-1980, pote avec Videla et Pinochet, ministre de l'Intérieur du gouvernement péruvien (1976-1978) et surnommé "El Gaucho". Dans la vie publique, il prônait la dictature, cadenassait la presse, était ami-ami avec les tortionnaires. Dans la vie privée, il était un père aimant et présent. Et la question éclabousse la vie du fils, du romancier : face à ce personnage double, comment réagir ? Comment se comporter ? Dans la grande tradition du roman sud-américain, qui veut rester au plus près de la réalité sans ne jamais tomber dans l'auto-fiction, Renato Cisneros pose autant de questions cinglantes qu'il signe un texte lumineux.

Charlène Busalli / PAGE des libraires - août 2017

Renato Cisneros n'avait que 18 ans lorsque son père est mort en 1995 d'un cancer de la prostate. Des années plus tard, il s'est décidé à enquêter sur les agissements publics mais aussi sur la vie privée et amoureuse de ce père qui n'avait pas vraiment tendance à se livrer dans l'intimité. Journaliste de profession, Renato Cisneros a mené une enquête minutieuse qui a dû lui demander beaucoup de courage, allant interroger aussi bien les membres de sa propre famille que les anciens amis - parfois peu recommandables - de son père. Il livre ici un récit émouvant mêlant souvenirs et découvertes inattendues, doublé d'une interrogation complexe sur la filiation et de fulgurances existentielles et poétiques pafois bouleversantes.

Damien Aubel / Transfuge - août 2017

La principale arme, dans ce mano a mano contre l'obscurité, est moins la mémoire que l'écriture. Une phrase dense, ultra-précise dans ce qu'elle charrie de détails, dans sa syntaxe toujours prompte à la nuance, à la correction. Une phrase comme une lampe de mineur car, pour le père mais aussi pour Renato, "les mots étaient le lieu de l'affect, l'endroit où les sentiments érodés du quotidien réapparaissaient et reprenaient forme". Il n'y a pas que le Sentier qui est lumineux. Mais, tout compte fait, ce roman aussi, au milieu des ténèbres.

Jean Tanguy / www.lepaindesreves.fr - août 2017

Ce livre n'est pas une biographie, ni un ouvrage d'histoire, ni un essai psychologique. C'est le roman de la recherche de son père que mène Renato Cisneros, de son père à lui, pas de celui de ses frères et soeurs, Ce faisant, il montre que, dans le contexte latino-américain, le père est celui qui a le pouvoir, aussi bien dans la maison qu'à l'extérieur, celui qui décide des règles et les fait respecter. Ce pouvoir qui ne se discute pas et qui a à voir avec ce lâcher prise qui l'a mené à la mort. Le titre du roman exprime bien la distance qui le sépare de son père, ils ne sont pas de la même génération et ne possèdent pas le même corpus idéologique.
Il aura fallu du courage pour explorer la vie d'El Gaucho, il l'a fait avec talent, suscitant sans cesse l'intérêt de son lecteur pour cette histoire passionnante et émouvante.

Annie Dillard

Une enfance américaine

Camille Cloarec / Le Matricule des Anges - juillet 2017

Le récit autobiographique qu'[Annie Dillard] livre nous plonge dans la Pennsylvanie d'il y a un demi-siècle, à l'époque où les femmes restaient enfermées dans leur maison "comme une pièce de monnaie dans un coffre-fort", où la crise économique poussait les investiteurs ruinés à sauter de leurs bureaux, et où tout flottait dans un nuage d'inconscience.
[...]
L'avidité avec laquelle l'auteure se précipite dans tous les coins, géographiques, intellectuels, amoureux, est frappante. Elle transforme son enfance en une épopée ingénue, pleine de confiance, de naïveté et d'appétit.
[...] La maturité d'aujourd'hui parvient à pénétrer avec délicatesse les pensées de l'enfant qu'elle fut, enserrant avec poésie ses croyances désespérées, ses accès d'impatience, sa soif d'aventures.

Tessa Hadley

Le Passé

Claire Devarrieux / Libération - septembre 2017

Une quintessence de roman anglais, trois semaines de vacances dans une maison de famille à la campagne qu'il faudra probablement vendre. [...] Quatre quadragénaires, des intellectuels, un frère, trois soeurs, cultivent en toute affection leurs souvenirs et leurs vieilles mésententes.

Arlene Heyman

Tard dans la vie, l'amour

Florence Noiville / Le Monde des livres - juillet 2017

Ses héros ont beau être ridés "comme sur des tableaux de Lucian Freud", ils ont beau user de subterfuges - souvent drôles - pour compenser les ravages du temps, lorsqu'ils se déshabillent et se retrouvent sous les draps, leurs émotions sont jeunes. Intactes. Semblables à celles qui peuvent envahir un être à n'importe quelle époque de la vie. [...]
Il y a une forme de comique chez Heyman. Ironique, détaché. [...] Il y aussi, comme on peut s'y attendre chez une psychanalyste, un sens de l'observation et une connaissance profonde des émotions. Pourtant, sur un sujet aussi délicat, le plus important est de souligner ce qu'il n'y a pas chez Heyman. En l'occurrence, voyeurisme et vulgarité. La prose est crue, féroce, choquante parfois. Mais l'éclairage est toujours le même, celui de la vérité. Nue.

Claudine Galéa / remue.net - juillet 2017

Parce que les personnages de son livre ont déjà eu plusieurs vies, parce qu'ils jouissent sans entraves et ne se privent pas de mots pour dire leurs désirs, parce que désirs et besoins se superposent, parce que romantisme se confond avec kitsch, parce qu'il n'est plus temps d'habiller d'illusions et de faux-semblants les moments importants de l'existence, parce que mieux vaut être cru que cuit, les nouvelles d'Arlene Heyman sont jubilatoires. Les femmes en sont les narratrices insolentes et mélancoliques, l'amour ne peut jamais être complètement tourné en dérision. Il est un moteur de vie exceptionnel et l'âge n'y change rien. Tard dans la vie, l'amour : que du bonheur !

Camille Cloarec / Le Matricule des Anges - juin 2017

C'est bien l'amour physique chez les personnes âgées qui relie les sept nouvelles d'Arlene Heyman, laquelle se considère comme "une exploratrice de la vie sexuelle électrisée" des retraités. Cette psychiatre américaine de 74 ans nous livre une observation savoureuse de ce qu'est la vie de couple chez les seniors.
[...]
Les doubles vies cachées si longtemps éclatent au grand jour, les familles recomposées se déchirent, les colères contenues débordent. Affection, dépendance, désir, dévouement, culpabilité, habitude, nécessité... Arlene Heyman approche l'amour dans ce qu'il a de plus obscur, et de moins "élégant" : un mystère à jamais inexplicable, sans règle ni âge.

Jowhor Ile

Avenue Yakubu, des années plus tard

Marie Soyeux / La Croix - septembre 2017

Bien qu'Avenue Yakubu, des années plus tard débute comme un roman policier, il n'en est pas un. En fait d'enquête, le roman semble plutôt se réorganiser de l'intérieur, réunissant selon une logique mystérieuse les conditions nécessaires au surgissement de la vérité. Avançant son récit par à-coups, Jowhor Ile n'explique pas : il observe l'inexplicable. Les irrépressibles colères d'un enfant, la bouffée meurtrière d'un groupe, l'aveu soudain d'une mauvaise conscience, la frappe aveugle du malheur... Cette mosaïque d'événements, survenant sans crier gare, dessine un pays, le Nigeria, où les êtres et les choses "peuvent disparaître sans aucune explication", où "il peut arriver n'importe quoi à n'importe qui".
Encouragé par la romancière Chimamanda Ngozi Adichie, grand nom de la littérature nigériane actuelle (L'Hibiscus pourpre, Americanah...), Jowhor Ile révèle avec habileté, à travers un portrait de famille intime, une fresque politique ambitieuse.

Camille Cloarec / Le Matricule des anges - septembre 2017

Avec finesse, Jowhor Ile s'empare donc de ce détail de l'Histoire et en fait le symbole d'un régime politique décadent. Derrière Bendic, Ma, Bibi et Ajie, il donne la parole à ces innombrables familles privées d'un proche, incapables de faire leurs deuils. Puisant dans le passé commun, le roman s'attarde sur l'instant de basculement entre la norme et le malheur. La plupart des épisodes qu'il narre se déroulent "avant que la vie normale, tel un illusionniste, fasse une courbette, caresse du doigt le sable, puis disparaisse, si bien qu'il était difficile d'imaginer qu'elle avait existé un jour". L'auteur démontre ainsi avec force le cataclysme que créent les erreurs policières dans le quotidien de simples citoyens. L'écriture, tendre, innocente, contraste terriblement avec l'horreur froide de l'événement, et dénonce avec une virulence aiguë l'injustice dont tous sont victimes. Un son difficilement supportable, comme celui de l'absence, qui "en viendrait à retenir, stridente et impitoyable, comme un coup de sifflet dans la nuit".

Julien Coquet / Toutelaculture.com - septembre 2017

S'ouvrant sur la disparition inexpliquée de Paul, le récit s'ancre alors dans le passé (« Pour raconter l'histoire de Paul, il faudrait remonter jusqu'avant sa naissance ») pour remonter peu à peu le temps et déboucher sur la résolution du mystère. [...] A travers cette accumulation de souvenirs, le lecteur cherche des indices explicatifs à la disparition de l'aîné de la famille Utu. Mais cela sera vain puisque Jowhor Ile, originaire de Port Harcourt et enseignant la creative writing à la Boston University, préfère se concentrer sur le portrait de la famille Utu : les relations tendues entre Bibi et Ajie, l'admiration d'Ajie pour Paul, la bienveillance de Ma face à l'exigence de Bendic. Avenue Yakubu, des années plus tard, est bien plus un roman familial qu'un roman politique ou policier.

Gladys Marivat / Le Monde des Livres - septembre 2017

Plongée dans le Nigeria des années de dictature, portrait sensible d'une famille en deuil, le premier roman de Jowhor Ile s'ouvre comme un récit à énigme sur lequel plane une menace implacable. Repéré en 2008, lors d'un atelier d'écriture, par l'écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie, ce Nigérian de 37 ans signe un livre de grande ampleur. [...] Il nous fait vivre la disparition de Paul dans l'esprit de celui qui se sent coupable ; Ajie, le benjamin, le dernier à avoir vu Paul vivant.
[...]
Finalement, Avenue Yakubu, des années plus tard est peut-être avant tout un roman sur la fin de l'enfance. Ce moment où l'on réalise qu'une part de ce qu'on vit nous échappe, inexorablement.

Romain Blandre / BLOG Pages d'histoire(s) - août 2017

Tout commence à Port Harcourt, au Nigeria, par la disparition d'un jeune homme exemplaire, Paul Utu. Son père, Bendic, est un avocat bien connu dans la région et Ma, sa mère, une professeure d'université irréprochable. Pourtant, ce jour de 1995, Paul ne rentre pas. Qu'a-t-il pu lui arriver ? [...]
C'est à travers les yeux de Bibi, la plus jeune, et du cadet Ajie que l'on découvrira le fin mot de l'histoire. [...]
Un magnifique roman qui, sans forcément avoir vécu des drames similaires à la famille Utu, nous incite aussi à porter un regard sur les changements dans notre existence.

Hanif Kureishi

L'Air de rien

Livres Hebdo - septembre 2017

Dans ce huis clos théâtral, on ne sait plus où se situent la réalité et l'imaginaire. L'écrivain anglais Hanif Kureishi se sert de sa plume comme d'un canif incisif. Il écorche le masque social pour révéler la vraie nature des êtres.

António Lobo Antunes

Pour celle qui est assise dans le noir à m'attendre

Pierre Maury / Le Soir - août 2017

L'écrivain portugais António Lobo Antunes peut aborder tous les sujets, il les passe à la moulinette furieuse de son écriture personnelle et à son sens singulier de la narration. Son oeuvre ne peut se réduire à des thèmes, même s'il a utilisé, pendant des années et plusieurs romans, ses souvenirs de la guerre d'Angola ou certaines pages plus lointaines de l'Histoire du Portugal, rapportées au temps présent. Même s'il lui arrive aussi de se rappeler qu'il est psychiatre et concerné à ce titre par le fonctionnement de l'esprit.
C'est ce qui lui est arrivé, suppose-t-on, avec son dernier roman traduit en français, Pour celle qui est assise dans le noir à m'attendre. La mémoire éparpillée d'une dame âgée, dont les descendants survivants attendent la mort avec parfois une certaine impatience. Elle lâche en vrac des bribes de souvenir remontant jusqu'à la petite enfance. Ceux qui restent quand le passé immédiat survole le cerveau sans y laisser aucune trace, si fugitive soit-elle.

Antoine Mouton

Imitation de la vie

Claudine Galea / BLOG remue.net - septembre 2017

L'écriture est parfaite, logique, rationnelle, claire, a contrario des événements qui y surgissent, flous et fous. Apprendre à disparaître, dépoussiérer les fantômes, se moquer de son propre sérieux, quitter l'adolescence, devenir magicien, serait-ce l'objet d'une imitation de la vie ?

Julien de la Panneterie / Le 1 - septembre 2017

Si de multiples craintes et une constante imposition du Mystère font un humoriste, quel autre roman de cette rentrée se lira plus allègrement que l'original Imitation de la vie d'Antoine Mouton ? [...] Qui dit une nouvelle fois, singulièrement, tout le talent contenu dans Le Metteur en scène polonais, la première folie d'Antoine Mouton.

Alexandre Fillon / Les Echos - septembre 2017

Antoine Mouton entraîne le lecteur dans un étrange labyrinthe aux multiples ramifications.

Sandrine Brugot Maillard / BLOG Tête de lecture - août 2017

Un roman foisonnant, souvent drôle, poétique et un peu fou. Surprenant.

Julien Coquet / toutelaculture.com - août 2017

Après Le Metteur en scène polonais, Antoine Mouton livre une réflexion sur le passage à l'âge adulte non sans un certain sens de l'humour.

Guillaume Foussard / PAGE des libraires - août 2017

Imitation de la vie est l'histoire troublante d'un homme pris dans un tourbillon, témoin et prisonnier de sa lâcheté, qui tente tant bien que mal de se construire à travers les désillusions de la vie.

Natacha Margotteau / Revue Mouvement - août 2017

Ce qui est déroutant et passionnant chez Antoine Mouton, c'est que, malgré les apparences, on ne sait jamais vraiment ce qui se trame. Ce qui se trame... ou comment ça se trame. Antoine Mouton écrit comme on tisse, retordeur hors pair de fils de toutes tailles. Une fois le livre ouvert, le récit nous embarque. Désorienté sans être perdu, le lecteur savoure le fait d'être là où il est : au coeur d'une intrigue.
[...]
Il y a chez Antoine Mouton une attention particulière à ne pas opposer les contraires, voire même à les réunir. On voit à quel point une oeuvre peut être vivante par ce qu'elle engendre.

Fernando Pessoa

Le banquier anarchiste

BLOG Le Tourneur de pages - septembre 2017

Ce texte est aussi court que réjouissant. Pessoa, dont ce livre est la seule fiction publiée de son vivant, attaque avec ironie et cynisme la société bourgeoise. [...] Les dialogues sont absolument somptueux d'entourloupe et de mauvaise foi. C'est un numéro d'équilibriste où la sincérité (pourtant revendiquée) est la grande absente. [...] Pessoa décrit une société malhonnête et corrompue, appâtée par l'argent et le pouvoir. Ce que dénonce le texte est révoltant et le livre brillant.

Martin Suter

Eléphant

Philippe Chevilley / Les Echos - septembre 2017

L'écrivain suisse n'a pas son pareil pour coudre des histoires étranges, afin de mieux dénoncer les travers de notre société. Roman après roman, c'est ainsi qu'il construit avec finesse une comédie humaine caustique de notre temps. Dans son viseur, cette fois : les manipulations génétiques commandées par l'appât du gain ; le rapport éthique à la création et à l'évolution ; le rejet des faux-semblants du monde moderne et les peines d'amour qui peuvent mener à l'alcoolisme et à la clochardisation...
[...]
Ecrit comme un thriller, avec des chapitres courts, riches en flash-back et en rebondissements, Eléphant se dévore littéralement.

BLOG D'une berge à l'autre - septembre 2017

Un SDF, une vétérinaire, un chinois, un savant fou, un birman et surtout un mini éléphant rose phosphorescent. Des ingrédients incongrus pour un roman aux faux airs de conte fantastique, parfois proche du thriller, qui interroge sur les avancées de la génétique et plonge avec un réalisme sidérant au coeur du quotidien difficile des sans-domicile-fixe. Le tout en alliant courses poursuites endiablées et moments intimistes, humour noir un poil cynique et questionnements philosophiques. [...] Un roman à la construction parfaite, qui se dévore comme un page-turner et surprend par sa profondeur de réflexion. Assurément une des plus belles surprises de la rentrée littéraire.

Lisbeth Koutchoumoff Arman / Le Temps - septembre 2017

Eléphant est un thriller aux allures de conte. Au premier genre, il emprunte le rythme, le suspense, le côté film hollywoodien à grand budget. Du deuxième, il emploie la magie et la parabole. L'écrivain suisse s'est fait une spécialité, celle du réalisme fantastique. Avec précision, il coud des pans d'imaginaire à la réalité d'aujourd'hui.
[...]
Documenté sur les mondes qu'il explore (on apprend pas mal de choses), l'auteur campe atmosphères et personnages avec la fluidité d'une caméra et l'élégance de ceux qui ne veulent surtout pas ennuyer. La seule rencontre avec le petit éléphant rose justifie la lecture.

François Mauron / La Liberté - septembre 2017

Un éléphant, ça trompe énormément. Surtout lorsque c'est Martin Suter qui s'empare du sujet. Le nouveau roman de l'écrivain alémanique démarre en douceur, comme un conte fantastique un peu loufoque ; mais il se termine, l'air de rien, par une puissante réflexion sur le génie génétique. Un questionnement subtil, qui se dessine en filigrane d'un texte où l'humour a la part belle. C'est du reste une marque de fabrique de l'auteur.

Pierre Schavey / Lion - septembre 2017

Faux thriller et faux récit de science-fiction, ce livre est un vrai roman attachant malgré sa complexe étrangeté. Une fabuleuse fiction, appuyée sur une solide documentation scientifique qui décrit aussi bien le monde des clochards que celui de la zoologie généticienne ou des sociétés internationales spéculant sur les recherches de la génétique. A lire sans faute à condition de lire aussi, si ce n'est déjà fait, les Allmen, Le cuisinier et Le temps, le temps (tous chez Bourgois).

Stéphanie Janicot / La Croix - août 2017

Le roman contemporain ne nous offre pas très souvent l'occasion de lire de belles histoires alliant la saveur de la littérature au merveilleux du conte. C'est pourquoi il serait dommage de passer à côté de ce drôle d'Eléphant que nous propose l'écrivain suisse Martin Suter.
Avec la précision d'un romancier naturaliste, l'auteur commence par nous traîner au fond d'une grotte en bordure de rivière où Schoch, SDF et alcoolique, a élu domicile. Lorsque notre futur héros se réveille en entrevoyant la silhouette replète d'un mini-éléphant rose brillant dans l'obscurité, la première chose qui lui vient à l'esprit est que le moment est sans doute venu d'arrêter de boire ! Et pourtant, il va lui falloir se rendre à l'évidence ; il partage son antre avec ce petit animal de compagnie, qui tient plus du jouet que du mastodonte. Coment un tel prodige (qui répond désormais au nom de Sabou) s'est-il produit ? C'est là que l'écrivain déploie tout son talent pour assembler peu à peu les pièces d'un puzzle complexe sans jamais perdre son lecteur.
[...]
Il est rafraîchissant de retrouver pour quelques heures son âme d'enfant, de se laisser emporter vers un univers fabuleux et symbolique, dans lequel le sacré, la solidarité, la rédemption sont mots chargés de sens.

Didier Jacob / L'Obs - août 2017

Roux, un savant sans foi ni loi, cherche à fabriquer des animaux génétiquement modifiés. [...] Il veut frapper un grand coup. Créer un éléphant rose, minuscule de surcroît, pourrait lui assurer une gloire universelle. [...] Martin Suter réussit, dans ce petit miracle de prose génétiquement modifiée, à donner au thriller la forme d'un roman philosophique, ou vice versa. Pourrons-nous, un jour, choisir notre couleur, notre taille, notre sexe ? L'art est-il en avance sur la science ? Et le monde court-il à sa perte ? Vous ne trouverez peut-être pas les réponses à toutes ces questions dans Eléphant. Mais sa lecture vous fera passer un sacré bon moment.

La Tribune de Genève - août 2017

Chez le Zurichois, la morale passe souvent par la petite cuisine humaine. Et quand Martin Suter, 69 ans, voit un éléphant rose fluo luire, il faut le croire et se fier à la sagesse d'un romancier que nul coma éthylique ne saurait troubler. Même son héros Schoch, un sans-abri qui dort dans une grotte, ne s'illusionne pas quand il découvre la créature. "Il buvait depuis trop longtemps pour pouvoir avoir encore une gueule de bois digne de ce nom." Et puis des savants fous n'ont-ils pas déjà imaginé des cochons dont la peau verdissait sous les UV ? Poussé par les découvertes de généticiens et experts pachydermiques, le plus international des fabulistes suisses a donc conçu un adorable nain. Petit pas pour l'homme, bond de géant pour l'humanité ? Avec ses cupides et idéalistes, la fable rejoint Okja, la SF du Coréen Joon-Ho Bong. Bref, alertez les bébés.

Manuel Hirbec / PAGE des libraires - août 2017

C'est aussi drôle que rocambolesque, peuplé d'étonnants personnages et d'une inimaginable créature à laquelle on s'attache, évidemment. Vous allez l'adorer ! Les dialogues, les situations, les personnages et le fil romanesque sont savoureux et s'articulent à merveille. Martin Suter décrit admirablement bien notre modernité et nos sociétés contemporaines capables de manipuler l'animalité sauvage pour la marchandiser à tout prix, tout en jetant à la rue des hommes et des femmes devenus pour elles rebuts inutiles et sans valeur, illustration de la nouvelle sauvagerie à l'oeuvre. Fable contemporaine ébouriffante et réjouissante, Eléphant est un roman qui ne trompe pas !

Eléonore Sulser / Le Temps - août 2017

Un minuscule éléphant rose fluorescent de quarante centimètres de long et trente de haut : tel est le personnage irrésistible au coeur du nouveau roman de Martin Suter, Eléphant (Christian Bourgois). Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, le Zurichois, 69 ans, compte parmi les écrivains suisses les plus lus et les plus traduits (et adaptés au cinéma). Après les excès de la finance abordés dans son précédent livre, ce parolier de Stephan Eicher tisse un conte à partir d'une hypothèse scentifique possible mais pas encore réalisée : la création, par manipulation génétique, d'un animal nain doté d'une couleur luminescente.
Outre les personnages finement dessinés, le suspens haletant, la force du roman tient dans l'idée de cet éléphant miniature qui condense à lui tout seul les contradictions violentes de la manipulation génétique : à la fois l'effroi devant ce pouvoir de transformer du vivant à volonté et l'émerveillement devant cette vie, prodigieusement gracieuse. Très documenté, à la fois sur les dernières avancées en génétique et sur l'éthologie des pachydermes, Eléphant permet une rêverie sur la place du sacré et les limites de l'omnipotence humaine.

Manuel Hirbec / PAGE des libraires - juillet 2017

Eléphant de Martin Suter enchante et enthousiasme. Le roman s'ouvre au fond d'une grotte dans laquelle réside un clochard qui, au réveil, découvre à ses côtés un éléphant nain, rose, fluorescent ! Eléphant entraîne le lecteur dans le vie de ce SDF et de cette étrange et bien vivante créature. C'est drôle, rocambolesque, peuplé d'étonnantes figures et d'un improbable mais très attachant animal. Les dialogues, les situations, les personnages, le fil romanesque, tout s'articule à merveille, tambour battant. Eléphant est une fable contemporaine ébouriffante et réjouissante sur nos sociétés modernes capables, dans un même geste, du meilleur et du pire.

Gabriele Tergit

L'Inflation de la gloire. Berlin 1931

Isabelle Rüf / Le Temps - juillet 2017

Gabriele Tergit (1894-1982) rend avec élégance l'effervescence de la bourgeoisie décadente, inconsciente de l'abîme qui se creuse devant elle. Ce roman, maintes fois republié en Allemagne, la dernière fois en 2014, a rencontré un grand succès à sa publication.
[...]
Gabriele Tergit manie l'art du dialogue avec un brio et une légèreté enthousiasmants. Ses personnages sont complexes, attachants ou répugnants, et l'arrière-plan social est peint avec acuité. Un grand roman du XXe siècle qui éveille de profonds échos aujourd'hui.

Nicolas Weill / Le Monde des livres - juin 2017

L'Allemagne de Weimar, de 1918 à 1933, a souvent suscité une nostalgie politique ou esthétique. Surtout comparée au régime nazi qui l'a suivie (ou qu'elle a engendré). Le modernisme de ses avant-gardes, l'éveil d'une libération sexuelle où se sont inventés tant de comportements contemporains, le développement d'une culture ultradémocratique pour son temps, donnent à cette première expérience républicaine allemande l'apparence d'une période enviable.
Utilement, L'Inflation de la gloire, qui appartient au genre réaliste et dévoile l'envers du décor, vient corriger cette image trop dorée [...]. Publié en 1931, il est dû à une journaliste, Gabriele Tergit (1894-1982), qui sera contrainte de quitter l'Allemagne pour la Palestine, puis Londres, dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir.
[...]
Par les suicides, la quête inlassable du profit, les escroqueries, l'amateurisme qu'elle met en évidence, l'intrigue sort du passé pour résonner de nombreux échos actuels.

Romain Blandre / BLOG Pages d'histoire(s) - juin 2017

Parallèlement au récit de la gloire et de la chute d'un artiste, le roman est aussi et surtout le récit d'une société berlinoise qui mute et qui ne reconnaît plus sa ville. C'est l'histoire de la Grande Dépression de 1929 et de ses conséquences. C'est l'histoire d'hommes et de femmes qui misent leur fortune parfois avec bonheur, d'autres fois avec échec. C'est aussi en arrière-plan de tout cela l'histoire d'une jeune république, celle de Weimar, qui est de plus en plus mise à mal par les extrêmistes de tous bords.
C'est enfin l'histoire d'une transformation du journalisme qui réfléchit à tous les moyens, même les moins glorieux, de s'attirer un public toujours plus nombreux. Un magnifique roman qui se déroule dans les années trente, mais dont les résonances sont très actuelles.

Enrique Vila-Matas

Mac et son contretemps

Florence Noiville / Le Monde des livres - juin 2017

Mac et son contretemps est donc l'histoire de Mac écrivant Mac et son contretemps : une réflexion sur le passage à l'acte d'écrire et ses motivations. [...] Les pages de Vila-Matas fourmillent de clins d'oeil à l'histoire de l'art, au cinéma, mais aussi, de plus en plus, à l'enfance de l'auteur, à sa famille, à ses souvenirs.
[...] Vila-Matas fait et refait du Vila-Matas, reprenant ses thèmes, les modifiant, les réinterprétant, tissant de livre en livre une oeuvre toujours plus insolite et prenante.