Jean-Christophe Bailly

Tuiles détachées

Anaïs Ballin / PAGE des libraires - octobre 2018

Près de quinze ans plus tard, voici donc une nouvelle publication d’un texte dont on ne se lasse pas. On y découvre une pensée toujours en mouvement, tendue vers un ailleurs, qui avance, chemine et se construit dans une effervescence continuelle. […] Jean-Christophe Bailly ne se raconte pas au sens littéraire ou littéral du mot, mais plutôt, il écrit l’espace de création littéraire.

Richard Brautigan

La Pêche à la truite en Amérique / Sucre de pastèque

Jean-Claude Vantroyen / Le Soir - octobre 2018

L'Américain Richard Brautigan est un rêveur, un poète, pionnier de la Beat Generation et icône de la contre-culture et des jeunes de Woodstock. Ce n'est pas usurpé, tant ses romans sont merveilleusement légers et désenchantés à la fois. La Pêche à la truite raconte l'histoire d'un couple à la recherche de son Amérique, celle des vastes paysages naturels, des grands espaces, celle de Brautigan, de la recherche de son identité, de la quête de soi, mais aussi du rêve, du non-sens, de l'absurde. Il est mort en 1984, à 49 ans.

Denis Johnson

La Générosité de la sirène

Le Vif - octobre 2018

Admiré par Philip Roth comme par Jonathan Franzen, Denis Johnson (1949-2017) excellait à décrire le vague à l'âme d'une population piégée dans le dernier wagon du rêve américain. À l'image de son Jesus' Son (1992), variation à la noirceur éclatante sur le thème des paradis artificiels, entre errance et rencontres cul-de-sac. Pas de surenchère dans le sordide pour autant. Aux effets de manche psychédéliques d'un Hunter S. Thompson, ce disciple de Raymond Carver a toujours privilégié une écriture dépouillée, traquant la poésie, l'humour et la lumière jusque dans les ténèbres.

D'une berge à l'autre - septembre 2018

Décédé en 2017, Denis Johnson était admiré par ses pairs (Jonathan Franzen et Don DeLillo en tête) et considéré par les critiques comme un des auteurs les plus importants de sa génération. Dans ses nouvelles la filiation avec Carver saute aux yeux : même limpidité dans l’écriture, même minimalisme saisissant d’émotion. Mais Johnson y rajoute une touche de poésie, un soupçon de lyrisme, un trait d’humour.

Un dernier livre - septembre 2018

Alors que Christian Bourgois édite son dernier recueil de nouvelles, un an après sa mort, La Générosité de la sirène s’avère être un cadeau doux amer pour les lecteurs de Denis Johnson. L’ancien élève de Raymond Carver avait encore des choses à raconter, et surtout un regard face à la mort aussi poétique que lucide.

Didier Jacob / L'Obs - septembre 2018

L’auteur américain de Jesus’ Son semble avoir une réserve inépuisable de personnages hors du commun, à commencer par lui-même. Qu’il raconte la vie d’un pubard de San Diego, que terrasse la soudaine conscience de la « rapidité de la vie », d’un peintre catho, Tony, qui confie avoir Dieu pour seul modèle, et qui se dit prêt à défier Picasso, ou encore d’un gars qui décide d’écrire à tous les gens qu’il connaît, pape compris, Johnson vise toujours juste.

Bruno Juffin / Les Inrockuptibles - septembre 2018

La disparition de Johnson marque l'extinction d'une voix saisissante qui, passée au travers d'une succession d'enfers, fait de la moindre de ces pages un précieux coin de paradis.

Camille Decisier / Le Matricule des anges - septembre 2018

Denis Johnson possède le talent exceptionnel de savoir se placer entre l’ombre et la lumière exactement.

Amandine Teyssier / Aimer Lire - septembre 2018

Ce recueil posthume confirme que Denis Johnson était un poète.

Alexandre Fillon / Lire - août 2018

Les nouvelles de Denis Johnson sont aussi puissantes que ses romans. Celle qui ouvre La Générosité de la sirène, et qui donne le titre au présent recueil, en est la preuve éclatante. [...] Du grand art.

Damien Aubel / Transfuge - août 2018

[Des] nouvelles posthumes du plus mystique et du plus trash des écrivains US, Denis Johnson. Qui déplient toutes, comme des fragments à la fois triviaux et sublimes, des histoires d'âmes. [...] Mais la vraie "Puissance", chez Denis Johnson, celle qui renverse tout, dissout les apparences pour révéler le démoniaque, c'est la langue. Qui accouple la violence viscérale, obscène, de la rue à l'ampleur lyrique, tout aussi véhémente, d'une langue d'imprécateur.

Les Inrockuptibles - août 2018

Qu'ils soient en prison, en cure de désintoxication ou obsédé par le jumeau supposé d'Elvis, les personnages de l'ultime livre de Denis Johnson, décédé en 2017, entretiennent un rapport privilégié avec les fantômes. Des visions qui peuplent leurs vies brisées, Johnson tire cinq nouvelles d'une exceptionnelle luminosité : effroi et empathie, humour et poésie, La Générosité de la sirène couronne de manière saisissante l'oeuvre d'un écrivain majeur.

Arrigo Lessana

Nos conversations du mercredi

SFL - octobre 2018

Angelo, collégien en 4e, rend visite à son grand-père Arrigo tous les mercredis. Sa mère Charlotte, fille d'Arrigo, vient de décéder des suites d'une maladie. Entre le petit-fils et Arrigo, les discussions tournent autour de la transmission. L'enfant apprend l'histoire familiale, l'aïeul et lui parlent de théâtre et d'imagination avec humour et tendresse.

Emmanuelle George / PAGE des libraires - octobre 2018

A peine cent pages et la magie littéraire opère. Sous la plume d'Arrigo Lessana, ces échanges entre un adolescent et son grand-père touchent à l'universel. Pour dire l'amour bien sûr, la mort aussi, le temps qui passe, les choix de vie, et conjuguer le passé pas forcément toujours à l'imparfait, car le conditionnel et le futur se rêvent aussi ici avec humour et bienveillance. Angelo rêve d'être informaticien, Arrigo était chirurgien. Entre eux, beaucoup de liens, celui d'une femme surtout, la mère du premier, fille du second. Partie trop tôt. Parler d'elle ensemble, c'est difficile ; parler de tout le reste à bâtons rompus, de sport, de coiffures, de théâtre, de voyages, de musique, etc., c'est réenchanter le monde et célébrer la vie.

Véronique Rossignol / Livres Hebdo - septembre 2018

Ce pourrait être un face à face plombé et douloureux, mais le ton, sérieux sans être solennel, jamais donneur de leçons, avec lequel ils convoquent ensemble les souvenirs pour les apprivoiser, sans cesser de se projeter, construit un pont léger entre l’avant et l’après.

Antonio Ortuño

Méjico

Espaces latinos - septembre 2018

On change constamment d'atmosphère, les genres littéraires se mêlent, cela pourrait ressembler à une saga, l'histoire de trois générations d'une famille, cela pourrait être un roman historique, et c'est un parfait thriller, un roman sur la violence quotidienne. La superposition de ces diverses couches fait la richesse et crée une belle originalité, ce qui fait ressortir le fond de ce qu'a voulu montrer Antonio Ortuño : la complexité, faite d'un empilement de paradoxes, des relations ente le Mexique et l'Espagne, la mère qui a apporté la destruction, les sentiments d'infériorité imposés, subis pendant des siècles, qui remontent à Cortés. [...] Désir et aversion ne s'ajoutent pas l'un à l'autre, ils se confondent. Méjico, qui se lit comme un bon roman noir, prouve qu'action et réflexion profonde ne sont pas ennemies, bien au contraire.

Julien Védrenne / k-libre - septembre 2018

Méjico, c'est là où tout finit avec beaucoup d'esbroufe et un peu de courage. C'est l'humain dans ce qu'il a de plus beau et de plus triste, de plus vil et de plus héroïque. C'est surtout un roman universel sur l'idéologie et les motivations.

Les libraires de la SFL / Avant-Programme - août 2018

Dans ce roman plein de sang, de violence et d’amour fou, les personnages trouvent leur dignité dans leurs liens avec un noble passé, enraciné de l’autre côté de l’océan Atlantique : les sombres heures de la Guerre Civile espagnole, où éclatent les rivalités intimes.

Martin Solares

Comment dessiner un roman

Virginie Neufville / BLOG Fragments de lecture - octobre 2018

[Un] livre érudit qui [...] a la volonté d'associer le travail d'écriture avec le dessin. [...] Incipit, dénouement, structure interne, tout peut être dessiné voire schématisé. Les mots prennent forme et animent un dessin en perpétuelle construction. [...] Cet essai, qui fait tout pour ne pas en avoir l'air, est servi par des chapitres courts et ludiques agrémentés de dessins donnant la part belle au titre.

Encres vagabondes - septembre 2018

Érudit, original, ludique, ce livre passionnera tous les amateurs de romans – quel qu'en soit le genre – qui y trouveront une source inépuisable de procédés utilisés par les romanciers tout en... 'dessinant'.

Espaces latinos - septembre 2018

On peut prendre ce livre comme une leçon d’écriture, c’en est une, mais surtout comme une leçon de lecture. Le lecteur que nous sommes, assis, le livre entre les mains, a l’impression de sentir sur son épaule une main amicale ou fraternelle et, derrière lui, une ombre bienveillante qui lui glisse des conseils pour l’aider à mieux approcher du cœur de ce vice impuni dont se régalait Valery Larbaud : lire !

Peter Stamm

La Douce Indifférence du monde

Exit Mag - octobre 2018

Une dizaine de romans aussi discrets que doux, et voilà l’œuvre ensorcelante d’un de nos auteurs contemporains préférés, le Suisse Peter Stamm, écrivain de langue allemande traduit par le Lyonnais Pierre Deshusses. […] Vertige de la création d’un personnage, illusions trompées, désir inassouvi et guet amoureux […] l’ensorcellement opère toujours.

Fabienne Pascaud / Télérama - octobre 2018

En courts chapitres incisifs, d’autant plus étranges et envoûtants qu’ils décrivent avec précision et sans état d’âme une sorte d’ordinaire du quotidien, Peter Stamm fait pénétrer un univers où les fantasmes et les rêves, les souvenirs et les regrets dansent de poignantes et tristes sarabandes. Son bref récit, curieusement, se lit comme un thriller, d’apparitions en disparitions. Il finit par donner le vertige, entraîner dans des voyages intérieurs où le lecteur se sent délicieusement pris au piège d’un merveilleux qui ne l’est pas vraiment. Et comme au bord de l’évanouissement. 

Patrick Kéchichian / La Croix - septembre 2018

Ce jeu des doubles, Peter Stamm l’instrumentalise avec une maîtrise impressionnante. L’amour, la littérature, la vie enfin, comme épreuve et question, comme désir et aussi souffrance, sont les trois dimensions du roman, qui se répondent, sans jamais former une harmonie irréelle.

Geneviève Simon / La Libre Belgique - septembre 2018

En trente sept brefs chapitres – ce qui donne des espaces de respiration plutôt qu’un rythme effréné –, Peter Stamm orchestre de complexes va-et-vient entre raison et folie, réalité et illusion, vérité et mensonge. Et si le trouble et le doute s’installent, la grâce et la précision de l’écriture empêchent de jamais tomber dans la confusion. Au final, l’on ne sort pas indemne de cette interpellante mise en questions/échos de notre destinée et de ses surprenants ressorts.

Florent Georgesco / Le Monde - septembre 2018

Dans ce grand roman de l’inéluctable, Peter Stamm, en un sens, ne dit rien ; comme tout romancier conscient de son art, il n’a aucun discours à tenir : il mène des expériences, et il en rend possibles. Le monde, tel qu’il le déforme et le reforme, se tient devant nous, lecteurs, qui sommes allongés là et qui attendons. Puis nous y entrons, et nous voilà chez nous.

Didier Jacob / L'Obs - septembre 2018

Un beau récit du maître de la prose suisse allemande.

La Petite Revue - août 2018

Peter Stamm, à travers les coïncidences et les dissonances entre la vie du narrateur et celle de son double, interroge à la fois l’écriture et l’existence. Par une habile mise en abyme du roman, il brouille les frontières entre fiction et réalité. Mais la poésie l’emporte sur l’expérimentation romanesque, et c’est là toute [sa] beauté et [son] originalité.

Biblioteca Magazine - août 2018

En 37 petits chapitres, Peter Stamm poursuit sa recherche sur la vérité et l'imaginaire et le jeu avec la réalité initiée dans L'un l'autre.

Thierry Maricourt / Maricourt Nordique - août 2018

Narré d'une façon qui n'est pas sans rappeler celle de l'écrivain autrichien Peter Handke (ce recul, cette implication suggérée plus qu'énoncée), La Douce Indifférence du monde est un roman plaisant, déconcertant.

Julien Coquet / www.toutelaculture.com - août 2018

En plus d'être une réflexion sur le destin, La Douce Indifférence du monde est une histoire d'amour à la frontière de la littérature et de la réalité, du fatalisme et du libre-arbitre. La simplicité de la langue confère aux réflexions profondes du roman une force admirable. [...] Peter Stamm multiplie retours en arrière et souvenirs pour un roman incroyablement intelligent.

Emmanuelle George / PAGE des libraires - août 2018

La structure de son texte, sinueuse et subtile, ponctuée de flash-back et de bribes de souvenirs, de répétitions et d'échos, renforce la densité poétique de son sujet. Entre fiction et réalité, hasard et détermination, vérité et folie. [...] Assurément, Peter Stamm poursuit ici une oeuvre à la puissance littéraire singulière.

Amandine Glévarec / www.kroniques.com - juillet 2018

Il faut - toujours - faire confiance à Peter Stamm, auteur de grand talent, pour écrire des histoires complexes qui ne sont pas pour autant compliquées. Quand on s'abandonne à l'écriture fine et élégante de l'auteur, quand on écoute ses dialogues qui n'en sont pas vraiment, d'autant plus justes, quand on se laisse porter par ce flux de plus en plus rapide, on aime à suivre avec aisance ce fil narratif qui n'hésite pas à s'emberlificoter sans jamais étrangler, sans jamais faire paniquer.

Chris de Stoop

Ceci est ma ferme

Olivier Nouaillas / La Vie - septembre 2018

Intime et dérangeant, ce témoignage sensible a obtenu le prix des libraires indépendants flamands.

Stylist - septembre 2018

C’est une enquête de terrain mélancolique. C’est aussi l’état des lieux d’un autre terroir : celui de notre représentation de la nature.

RTBF - septembre 2018

Voilà un livre vécu, vrai, qui pose de manière forte, sensible, tragique, comique parfois, et très documentée, des questions essentielles sur des politiques qui sacrifient des hommes.

Sophie Creuz / L'Écho - août 2018

[Un] récit rigoureux, savoureux et déchirant.

La modernité légitime parfois, aberrante souvent, broie des hommes pour sauver des oies qui les empoisonnent ensuite, et bouleverse le sol et le destin à coups de décrets assassins.

L'Alsace - août 2018

Une histoire de racines, dont on ne se défait pas. Une histoire de sensualité, ces odeurs, ces lumières, ces couleurs, ces cris. Et un scandale à dénoncer, par lui, le journaliste épris depuis toujours de vérité. […] John Steinbeck avait raconté le désespoir des paysans américains durant la Grande Dépression dans Les Raisins de la colère ; Chris de Stoop rend un dernier hommage à ses origines. Aux siens. Les drames font décidément de la grande littérature.

Manuel Hirbec / PAGE des libraires - août 2018

De ce cri d'alarme ressort un texte magnifique sur la ruralité, le monde agricole et les rudes solitudes des agriculteurs qui n'interdisent pas les solidarités encourageantes. Ce récit est aussi celui du beau et touchant regard que porte Chris de Stoop sur ce qui l'entoure encore, comme celui, plus lointain, de ses souvenirs d'enfance, un regard empli de pudeur et de mélancolie sur les animaux, les paysages et la vieillesse en souffrance.

John Ronald Reuel Tolkien

Un voyageur en Terre du Milieu

Serge Hartmann / Dernières Nouvelles d'Alsace - octobre 2018

John Howe entraîne son lecteur, par la force de son dessin, dans l'univers du Seigneur des Anneaux tout en accompagnant figures et paysages de réflexions sur Tolkien.