Leonard Cohen

Les Perdants magnifiques

Actualitté - mai 2019

La voix rugueuse, grave, éraillée des derniers tours de piste de l'artiste n'a jamais cessé de chanter dans ma tête, page après page, comme si, des années après l’avoir écrite, le Vieux Monsieur me racontait son histoire autour d'un feu de camp. Une histoire remontée des limbes, mélangeant espoirs et souvenirs douloureux sans pour autant que le vague à l’âme ne devienne jamais tristesse. 

Alexis Nouss / AOC - mai 2019

Leonard Cohen, des premiers écrits aux derniers, reste le même, simplement seul et désarmé. 

Jeux de dames

Grégoire Leménager / L'Obs - avril 2019

Ici, un certain Breavman hypnotise une employée pour qu’elle se mette à poil, se fait jeter d’une soirée pleine d’antisémites, se demande si « ses dents sont juives », et, surtout, passe d’une fille à l’autre avec la curiosité d’un explorateur découvrant des Îles paradisiaques […]. En lisant les confessions salées de cet égotiste, on se dit qu’il aurait pu devenir Philip Roth ou Jack Kerouac. Il est devenu Leonard Cohen, ce n’est pas mal non plus.

Pierre Edeikins

Des anges

Claudine Galea / Remue.net - mars 2019

Demeure alors l'éclat des mots, la façon dont ils se sont emparés d'une douceur de peau, d'une asphyxie passagère, d'une fièvre et d'une convulsion où tient tout entière la vie. Demeure la mélancolie attachée à la chose, Baudelaire n'est jamais loin.

Manuel de la Escalera

Mourir après le jour des Rois

Diacritik - avril 2019

Un hommage magistral et vibrant à ceux qui combattirent contre Franco et qui moururent.

Amy Goldstein

Janesville

Marie Liénard-Yeterian / Revue Études - avril 2019

Le texte campe ainsi autant de portraits émouvants dans le concret des vies évoquées, sisyphes des temps modernes qui, finalement, ne pourront rien contre le raz-de-marée économique qui emporte leur avenir. Mais l’auteure réussit aussi à rendre compte du courage et de la solidarité qui surgissent au milieu de ces « fleurs du mal », selon l’image baudelairienne. Cet ouvrage est le fruit de la passion d’une journaliste de donner voix à ceux qui n’en ont plus – un des livres préférés de Barack Obama en 2017, l’année de sa sortie aux Etats-Unis, et l’on comprend pourquoi. 

Véronique Radier / L'Obs - avril 2019

Pendant cinq ans, la journaliste Amy Goldstein a écouté les habitants d’une ville du Wisconsin, lessivée par les fermetures d’usines. Son récit sensible raconte une Amérique à la dérive.

Geneviève Simon / La Libre Belgique - avril 2019

Cinq années durant, Amy Goldstein a pris le pouls de Janesville, sinistrée par la crise économique, déterminée à survivre. Un reportage passionnant.

L'Écho Magazine - avril 2019

C’est un reportage en immersion, fouillé, humain, impliqué […]. Désarroi des cols bleus, mondialisation malheureuse, colère des peuples, mais aussi ressources pour se relever forment la trame vériste de cet ouvrage prenant. La réalité, rien que la réalité.

Julie Coutu / Julie à mi-mot - avril 2019

Amy Goldstein, journaliste au Washington Post nous propose un roman docu fiction, une plongée dans le décor fracassé de la réussite américaine. Elle est allée à Janesville, elle y est restée, elle a rencontré, discuté, observé, puis écrit. Le résultat de ses longues investigations, un portrait vivant d’une communauté déroutée.

Philippe Lançon / Libération - mars 2019

[Amy Goldstein] se contente de mettre en majesté les vies, les points de vue et parfois les tragédies de ces ouvriers.

Mémoire des arts - mars 2019

Malgré tout, les habitants vont s'accrocher. Voici leur histoire, très vivante, avec une belle palette de protagonistes.

Elle - mars 2019

En incarnant la crise dans les corps et les vies de ses personnages, Goldstein rapporte l'économie à hauteur d'homme. Bouleversant.

Society - mars 2019

2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013. Six années pour six parties et 55 chapitres qui montrent avec une précision de microscope la lente et inéluctable décomposition de ce qui fut autrefois le socle de l’Amérique : sa classe moyenne. Un centre qui ne tient plus. 

Vanity Fair - mars 2019

À travers ce reportage au long cours sur les effets de la crise économique de 2008 dans une petite ville industrielle, Amy Goldstein (prix Pulitzer 2002) interroge l’effritement d’une société toute entière. 

Witold Gombrowicz

La Patience du papier

Philippe Lançon / Libération - avril 2019

Avec Gombrowicz, cet étranger sarcastique et exubérant, on danse toujours sur le fil entre civilité et sauvagerie ; on remonte le courant, comme une truite, vers les forces incontrôlables de la jeunesse, vers le trouble et l’énigme du départ.

Kirsty Gunn

Le Bikini de Caroline

Librairie Tropismes / Onlalu - mai 2019

Mais comment donc s'y prend-elle pour nous étonner à ce point à chaque nouveau roman ? C'est que Kirsty Gunn, sans doute, est faite de cette matière étrange dont sont faites les fictions... En invoquant Dante et Pétrarque, elle nous offre cette fois une merveille de l'amour courtois postmoderne. 

Biblioteca Magazine - mai 2019

Plongez dans l’engouement et l’obsession d’un amour non réciproque.

António Lobo Antunes

Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau

Marie-Claude Rioux / Hop ! sous la couette - avril 2019

Un style en ébullition, torrentiel. Un roman d’une profondeur insondable. [Antonio Lobo Antunes] est égal à lui-même, toujours aussi unique, mémorable. 

Le Nouveau Magazine Littéraire - mars 2019

Ici, tout est donné d’entrée — le pardon impossible, le « me laissez pas mourir » — tout se mêle, sang, songes et mort, et c’est avec des extases propitiatoires que le lecteur, vaincu, perdu d’avance, se laissera glisser en cette logorrhée maléfique et grandiose.

Télé Z - mars 2019

La pluralité des douleurs est remarquablement rendue par la juxtaposition des voix. De l'épouse qui s'éteint doucement à la sœur toujours en colère. Un livre immense, parfois presque insoutenable, où les pauvres personnages ne trouveront que peu de répit. Finalement, sous la forme d'une tragédie familiale, c'est un grand plaidoyer pour la paix.

Novo - février 2019

On a beau le dire, et même sans doute le répéter : pour nous, Antonio Lobo Antunes est aujourd'hui le plus grand. […] Une écriture physique, proche de la dislocation. Sublime et déchirant. 

Frédérique Fanchette / Libération - mars 2019

Le roman est un maelström de sensations, de fracas, orchestré avec virtuosité par l’écrivain lisboète. […] De ce tissage de monologues, de conversations intérieures qui ne se rencontrent jamais, ressort la solitude des êtres jusqu’au trépas.

Christophe Mercier / Les Lettres Françaises - mars 2019

La phrase fluide, infiniment malléable, de Lobo Antunes – mais peut-on encore parler d’une phrase ? Ne s’agit-il pas plutôt de versets poétiques ? – mêle les voix, les mo­ments, les tons, brisant soudain, par une rupture comique, la mélopée de la grande tragédie.

Fabrice Gabriel / AOC - février 2019

Voilà bien un romancier du tout, un homme de fresque aux talents de miniaturiste, une sorte d’ogre poète, génie bougon, qui met son monde et l’univers en bouteille et les boit d’un coup, les restitue par tonneaux, les charrie enfin en pages-fleuves jusqu’à la mer toujours inachevable d’une « oeuvre complète » identique et recommencée, d’une absolue cohérence de globe.

Gabi Martínez

Les Défenses

Dominique Aussenac / Le Matricule des anges - mai 2019

D’une rare ambition, d’une insolente modernité, Les Défenses porte un souffle épique long, mélancolique et généreux.

Books - avril 2019

Gabi Martinez a écrit un roman policier sans cadavre, dans lequel il s’agit de découvrir de quelle étrange maladie souffre le protagoniste. 

Baptiste Liger / Lire - avril 2019

Si la quête du héros — à la fois Docteur Frankenstein et sa créature — se révèle si fascinante, c’est que Gabi Martínez a donné un souffle incroyable à ces péripéties potentiellement austères. Question de sens de la description, de jeux temporels, de détails. 

Le Monde - mars 2019

Mais le plus remarquable chez Gabi Martinez est l’habileté avec laquelle, détail après détail, il instille le doute et joue avec lui. […] Les faits se distordent. Le sens des mots fluctue. Martinez brouille, embrouille, débrouille. Et la performance de l’écrivain consiste justement en cela : donner au lecteur l’impression que le texte lui-même devient fou.

Que Tal Paris ? - mars 2019

À la première personne, l’écrivain catalan Gabi Martínez nous révèle une incroyable histoire, celle d’un homme pris par la folie, mais qui parvient néanmoins à retrouver une vie normale et qui, avec le temps, finit par s’imposer comme un neurologue très réputé. Avec Les Défenses, Gabi Martínez balaie l’histoire récente de l’Espagne, de la Transition à nos jours, et nous dévoile un système de santé public particulièrement corrompu que la hiérarchie mène à sa guise.

Jon McGregor

Réservoir 13

Aliénor Mauvignier / Lire - avril 2019

Une magnifique chronique humaine, sans artifice romanesque fracassant. La délicatesse et la précision de la narration nous font sentir au plus près la fragilité de nos vies, et nous rappellent que cette fragilité est ce qui en fait toute la beauté.

La Cause littéraire - mars 2019

Le miracle de l’art narratif déployé ici par l’auteur est de faire surgir d’une narration en phrases brèves, passant d’une chose à l’autre, d’un personnage à l’autre, une incroyable unité : celle des destins apparemment disparates, celle de ce petit bout de monde. La grande Unité des panthéistes, qui évoque ici les grands Américains, Shelby Foote, Jim Harrison ou Thomas Wolfe entre autres.

Le Monde - mars 2019

Chronique d’un village anglais amputé d’une de ses cellules, désormais contaminé par un étrange virus, Réservoir 13, sans bruire d’aucun retournement spectaculaire, n’en est pas moins, à sa façon moléculaire, haletant : le lecteur, bien que condamné à un lancinant quotidien, à des vies vécues entre les plis, est en état d’alerte permanent, le souffle suspendu à l’écriture méticuleuse de Jon McGregor.

Thomas McGuane

Quand le ciel se déchire

The Lion - mai 2019

Une prose superbe, exigeante mais combien gratifiante.

Alain Leroy / L'Incorrect - mai 2019

Des portraits marquants, une atmosphère sauvage, un recueil essentiel.

Toute la culture - avril 2019

45 nouvelles de l’écrivain proposent des moments charnières d’une existence, de questionnements ou même des portraits de vie dans une Amérique rurale. 

Le Monde - mars 2019

Une toile de fond où l’auteur découpe avec une délicatesse sèche des portraits d’individus paumés ou juste un peu désaxés, entre drames étouffés et tranches de vie à la Carver.

Le Blog des Arts - mars 2019

Rêves brisés, mauvais choix, dysfonctionnements familiaux, drame de la solitude, fatalisme exaspérant, voilà un monde d'exclus traité avec compassion.

Nicolas Richard / AOC - mars 2019

Autant de perles incrustées dans ces tableaux vivants du Grand Ouest, qu’on lit le sourire aux lèvres.

Olivier Mony / Sud-Ouest Dimanche - février 2019

La publication par les éditions Christian Bourgois de « Quand le ciel se déchire », recueil très dense de 45 nouvelles, peut être considéré comme un vrai évènement permettant enfin une réévaluation critique. Le lecteur y retrouvera tout l’univers de McGuane, cet univers des petites villes de l’Amérique profonde, des hommes solitaires pour qui il est toujours trop tard, de la faute et de la rédemption, de l’incommunicabilité entre les êtres, de la blessure de l’amour, des cieux immenses et des nuages au-dessus du Montana… 

Antonio Ortuño

Méjico

Télé Star Jeux - mars 2019

Méjico est un roman qui déborde l’énergie ; les personnages y évoluent toujours sur le fil et la violence teinte tous les rapports. Il y est aussi beaucoup question d’exil, un thème plus que jamais d’actualité. Et plus que jamais universel, qu’il ait pour théâtre l’Europe ou le Mexique, l’entre-deux-guerres ou aujourd’hui.

Peter Stamm

La Douce Indifférence du monde

Nicolas Bézard / Novo - février 2019

Avec La douce indifférence du monde, Peter Stamm tend un miroir sur toute une vie d'écriture.

Chris de Stoop

Ceci est ma ferme

Cathobel - mai 2019

Ceci est ma ferme livre un témoignage passionnant sur l’agriculture d’aujourd’hui, ses aberrations et ses contradictions. 

John Ronald Reuel Tolkien

La Chute de Gondolin

IO Gazette - mars 2019

Une plongée épique et fascinante dans l'un des épisodes les plus intenses de la lutte – et de son échec – contre les forces obscures du « Noir ennemi du monde », Melkor/Morgoth. 

Frank Westerman

Soldats de la parole

Libération - mai 2019

Mélangeant souvenirs, enquête, entretiens avec d’anciens terroristes et des spécialistes de la négociation pendant la prise d’otages, Frank Westerman tente de comprendre comment s’articulent langage et terreur. Comment le terrorisme et les réponses qui lui sont données ont évolué depuis les années 70. Un livre tragique et parfois drôle.

Romain Blandre / Pages d'histoire(s) - avril 2019

En se questionnant sur son rôle effectif de journaliste, Frank Westerman tente d'évaluer son efficacité dans la transmission d'idées uniquement par la plume. Fait-il le poids face à des terroristes qui tuent pour diffuser leurs idées?

Sandra Girault, Librairie Privat, Toulouse / PAGE des libraires - avril 2019

Un brillant essai.

Bernard Quiriny / L'Opinion - mars 2019

Connu en France pour ses enquêtes sur l’embrigadement des écrivains soviétiques (Ingénieurs de l’âme) et sur la mystérieuse catastrophe de Nyos au Cameroun (La vallée tueuse), Frank Westerman, vedette du journalisme d’investigation, s’est penché sur la question des prises d’otage selon sa méthode habituelle, mélange de subjectivité gonzo (impressions personnelles, mise en scène de soi) et de professionnalisme journalistique (interviews, recherches, documentation colossale). Le résultat est captivant, surtout quand l’auteur donne la parole aux spécialistes des situations de crise ou décrypte les différentes approches nationales.

Daniele Zito

Robledo

Philippe Garnier / Philosophie Magazine - avril 2019

Qu’est-ce qui définit une vie professionnelle ? [Robledo] brouille les pistes de façon aussi ingénieuse que troublante. 

Claro / Le Monde - avril 2019

Daniele Zito n’a pas eu à pousser les curseurs très loin pour imaginer le pire. Le pire était déjà là, larvé, en attente. Il l’a laissé prospérer et son roman Robledo en est la preuve glaçante.