Bruno Bayen

Elève

Raphaëlle Leyris / Le Monde des livres - avril 2017

C'est un art que Bruno Bayen aura pratiqué toute sa vie : celui de la fugue. Ecrivain, dramaturge et metteur en scène, il glissait d'une forme d'écriture à l'autre, faussant compagnie aux identités assignées, célébrant, de pièces de théâtre en récits, les voyages et tous les moyens de se faire la belle, de se tenir hors d'atteinte. Bruno Bayen s'est échappé pour de bon le 6 décembre 2016, à l'âge de 66 ans. Non sans avoir laissé derrière lui un dernier roman, son dixième. [...] Elève est un livre rêveur et caustique, surprenant, où la mélancolie se mêle à un humour impavide.

Fabienne Pascaud / Télérama - février 2017

Les bonheurs d'écriture d'Elève croisent, comme dans les spectacles qu'imaginait Bayen, des mystères indéchiffrables. Ce livre a leur rare parfum.

Sébastien Lapaque / Le Figaro littéraire - février 2017

Livre après livre durant trois décennies d'écriture, Bruno Bayen s'est attaché à manifester un univers intérieur d'une infinie délicatesse. Sa voix majeure s'est perdue dans les bruits de son siècle sans qu'on s'en aperçoive - ou presque.

Christine Lechapt / PAGE des libraires - février 2017

Si on savait que certaines odeurs peuvent nous ramener à des moments précis de notre enfance, il y a des mots et des expressions qui ont également ce pouvoir et c'est à ce voyage que Bruno Bayen nous convie avec bonheur. Ce n'est pas seulement dans les souvenirs de Juste que vous allez vous plonger, mais également dans les vôtres. Ruez-vous à toute berzingue sur ce magnifique roman. Et merci à Bruno Bayen pour ce tendre retour en enfance.

Michael Collins

Des souvenirs américains

La Petite Revue - février 2017

A travers ces destins individuels, Michael Collins nous raconte l'Amérique du 20e siècle. Les personnages reflètent une incertitude morale et existentielle, miroir du mal-être profond de l'Amérique. [...] Les références à l'histoire américaine sont constantes, des Indiens aux subprimes en passant par le 11-Septembre. [...] Le style, à la fois simple et ample, donne tout son élan à la narration. Il faut saluer ici le travail de la traductrice qui parvient à restituer le mouvement de la langue anglaise. Quand la petite histoire rejoint la grande, le roman se teinte d'un souffle presque épique.

Jean-Philippe Rossignol / Art Press - mars 2017

Dans son dernier roman Des souvenirs américains, on suit l'Amérique des âmes perdues, des déclassés de la crise de 2008 et des zones décimées qu'implique l'enfer d'une crise morale. On découvre les secrets de deux familles et le destin de deux hommes en particulier, Norman Price à Chicago et Nate Feldman au Canada.
Au-delà des frontières, des langues et des secrets, Collins procède à une plongée dans le vide de l'humanité, asphyxiée par une consommation frénétique, des haines cuites et recuites entre parents et enfants, sans oublier les joies du développement personnel aux mains de gourous jamais en reste.

Julie Coutu / Le Matricule des Anges - février 2017

Une histoire américaine passée par le 11-Septembre, par la crise des subprimes, qui se réinvente tant bien que mal. Ici, la réécriture passe par une recréation de la famille. [...] Une manière de réinventer l'Amérique, ses rêves et sa mémoire.

François Groff / PAGE des libraires - février 2017

Michael Collins a la qualité de rendre simple une littérature exigeante. Il offre avec Des souvenirs américains un roman très dense, à l'image de ceux de Donna Tartt. Son écriture est d'une fluidité exceptionnelle, comme celle du grand Elmore Leonard.

Laurent Raphaël / Focus Vif - février 2017

Sensible au moindre mouvement de l'âme des deux protagonistes et de quelques seconds rôles, le sismographe littéraire de Michael Collins enregistre le désarroi d'une génération sacrifiée sur l'autel du mode de vie américain. [...] Le tableau que dresse Collins pourrait être désespérant. Il ne l'est pas. L'écrivain joue la carte de la résilience, laissant entrevoir une perspective de reconstruction sur les ruines de ce monde déchu.

Margaret Drabble

Quand monte le flot sombre

Christine Ferniot / Lire - avril 2017

Comme dans ses autres livres (Une journée dans la vie d'une femme souriante, Un bébé d'or pur), Margaret Drabble réussit à mêler l'anecdote qui fait sourire à la réflexion puissante. Ses personnages tournoient, souvent drôles dans leurs courses dérisoires et toujours émouvants lorsqu'ils repoussent les angoisses devant la souffrance et la lâcheté. Elle n'est jamais une donneuse de leçons, mais une chroniqueuse de la société européenne qui aimerait bien mettre ses vieux sous le tapis avec la poussière. Et surtout, Margaret Drabble a de l'esprit, une érudition réjouissante et l'aplomb d'une insoumise.

Christophe Mercier / Le Figaro littéraire - mars 2017

Son roman traduit une énergie sans frein, un appétit insatiable de raconter, d'entrecroiser les histoires, de susciter des coïncidences, des rencontres improbables entre ses personnages. On a l'impression que plus elle sent monter le flot sombre, plus elle prend de plaisir à se laisser porter par ses dons romanesques. Et ce plaisir est communicatif : après l'avoir lue, on a moins peur de vieillir, et de voir vieillir.

Grazia - mars 2017

Loin d'être morbide, féroce.

Claire Devarrieux / Libération - mars 2017

La vieillesse est précisément le thème de Quand monte le flot sombre. Elle est le flot qui menace. Le naufrage, la dernière aventure, la dernière ligne droite. Selon ses héros, Margaret Drabble emprunte l'une ou l'autre de ces directions, et se penche assez cruellement sur l'appétit de vivre chevillé au corps de chacun.

Nathalie Crom / Télérama - février 2017

Entre observations très concrètes, voire sociologiques, et méditation de fond sur le destin de l'homme, la grande Margaret Drabble trouve un équilibre inégalable, qui fait toute la singularité et le prix de ce roman remuant, empreint d'une folle intelligence.

Claude Eveno

Revoir Paris

Eric Dussert / Le Matricule des Anges - mars 2017

Après son Humeur paysagère dédiée aux jardins (2015), Claude Eveno consacre à Paris quinze nouvelles promenades où il élabore une pensée empreinte de savoir, d'humour et de descriptions savoureuses. Son humeur urbaine, sinueuse et bavarde, offre à Paris une nouvelle granularité.

Gérard Lefort / Les Inrockuptibles - février 2017

[Ces] quinze voyages de quelques jours chacun (deux jours pour le seul jardin du Luxembourg) sont une balade urbaine au sens où Walter Benjamin l'entendait : "Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose. Mais s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une forêt demande toute une éducation."

Thibaut Sardier / Le Monde des livres - février 2017

Revoir la capitale française, c'est d'abord un exercice de lucidité face aux discours qui célèbrent sa grandeur avec un respect trop prononcé du patrimoine et une admiration béate des grands chantiers. C'est aussi retrouver l'espace parcouru et vécu depuis l'enfance, dans les années 1950, entre la plaine Monceau et Asnières. [...] Au fil des détours, le récit conduit à des instants de grâce.

Leila Guerriero

Une histoire simple

Ariane Singer / Le Monde des livres - avril 2017

Poignant, souvent drôle, ménageant jusqu'au bout le suspense lié à l'issue de la rencontre, Une histoire simple livre un portrait attachant d'une Argentine à la fois fière, humble et volontaire.

Marianne Payot / L'Express - mars 2017

Et si l'on vous disait que vous allez vous passionner pour le malambo, la danse des gauchos argentins, et à son apothéose, le Festival national de Laborde, province de Cordoba... Par la grâce de Leila Guerriero, collaboratrice des quotidiens La Nacion et El Pais, vous serez ensorcelé par ce défi physique et psychologique entre des hommes dont les mouvements de pieds forment une époustouflante chorégraphie.

Julia Leigh

Avalanche. Une histoire d'amour

Virginie Bloch-Lainé / Libération - avril 2017

Résultat de la rencontre entre la fécondation in vitro et Julia Leigh : un récit très drôle, cru, nerveux, des qualités qui singularisent immédiatement son témoignage.

Julie Coutu / Julie à mi mots - avril 2017

Avalanche est un récit sans fausse pudeur, sans concession, sans espérance et sans apitoiement. Le récit d'une envie d'être mère, des moyens pour y parvenir, des non raisons d'un, de plusieurs échecs. Julia Leigh effleure au passage certaines questions éthiques : l'envie de (au nom de ?), le coût des procédures, les marchés de la grossesse, l'univers "à part" dans lequel évoluent les candidates à la FIV. [...] Avalanche est un récit important, parce qu'il est vrai, clinique, détaillé, à sa manière : objectif. Il annonce le pire. C'est une petite pierre, apportée à un édifice fragile [...].

Olivia de Lamberterie / Elle - avril 2017

Julia Leigh raconte son parcours pour avoir un enfant. Un récit fort et singulier en même temps qu'un livre miroir passionnant.

Folavril - avril 2017

Un témoignage poignant, sans fard, porté par une écriture sobre et sincère qui m'a beaucoup touchée.

António Lobo Antunes

Pour celle qui est assise dans le noir à m'attendre

Véronique Rossignol / Livres Hebdo - avril 2017

Qui mieux que l'auteur de N'entre pas si vite dans cette nuit noire et de Quels sont ces chevaux qui jettent leur ombre sur la mer ? peut décrire la sortir de scène de cette vieille petite fille égarée, de plus en plus désorientée. Ce mélange de grotesque et de pathétique, de drôlerie et de cruauté. Qui peut rendre le flux erratique de la conscience, la débandade, la confusion des temps à l'intérieur des têtes. Ce délire terrible et doux, désinhibé, de la démence sénile.

Juliet Nicolson

Mères, filles. Sept générations

Clémentine Goldszal / Elle - avril 2017

En moins de quatre cents pages et sans jamais galoper après son matériau pourtant dense, Juliet Nicolson, écrivaine, fille d'écrivain et petite-fille de Vita Sackville-West, remonte le fil de sa prestigieuse lignée en s'attachant aux femmes qui l'ont précédée. Ce faisant, elle dégage des lignes de force et relie les destins à l'évolution des moeurs, sans jamais tomber dans le poncif ou l'illustratif.
[...]
Lorsque Juliet Nicolson en vient à parler d'elle-même, de sa mère éprise de liberté mais morte alcoolique et esseulée, de son père engoncé dans sa pudeur, de sa vie marquée par l'envie d'affranchissement et la force de l'hérédité, le livre prend un tout autre ton et devient sentimental. D'épopée historique, il se fait mémoires et perd en piquant ce qu'il gagne en émotion. Et il remporte son pari : dans les pleins et les déliés de ces destins liés, pas un instant on ne s'ennuie.

Gérard Lefort / Les Inrockuptibles - mars 2017

Tout à la tapisserie des riches heures de sa famille, la brodeuse Nicolson hésite dans le choix de ses cotons (rouge sang, noir comme la peste, rose bonbon) mais réussit leur harmonie. En fond de canevas, le dessin d'une aristocratie anglaise ultraconservatrice, percluse de snobisme et phobique de tout ce qui ne lui ressemble pas, pourvu que Dieu sauve le roi (ou la reine). A cet égard, Juliet Nicolson semble écrire comme en planque derrière les portes de la fameuse série Downton Abbey. [...] Mais la broderie est aussi la chronique d'une jet-set lettrée et interlope où, de New York à Saint-Tropez, on couche indifféremment avec un homme ou une femme. Ou encore le quasi-reportage sur le Swinging London des années 1960 où, telle l'auteur, on a eu le bol d'être jeune.
Dans ce foisonnement, Juliet Nicolson ne choisit pas son camp. Elle le décrit, méli-mêlant sociologie incarnée et sentimentalisme contenu, éludant ainsi le double danger de la froideur et de la pleurnicherie.

Claire Devarrieux / Libération - mars 2017

L'auteur est la petite-fille de la romancière Vita Sackville-West, dont la relation avec Virginia Woolf fit des ravages. Celle-ci avait décrété en effet que "rien n'est réellement arrivé qui n'a été couché par écrit", et le père de Juliet, Nigel Nicolson, fit un mantra de cette phrase entendue quand il était un petit garçon. Son père, Harold Nicolson, brillant esprit, écrivait aussi. Lettres, carnets, journaux, l'écriture était une manie chez les Nicolson. Nigel est l'auteur de Portrait d'un mariage, l'histoire du couple de ses parents, homosexuels tous deux. Entreprenant de raconter - et d'exorciser - la lignée prestigieuse à laquelle elle appartient, Juliet Nicolson est confiante pour les générations qui suivent, mieux élevées, plus libres.

Elisabeth Philippe / Vanity Fair - février 2017

Dans Mères, filles. Sept générations, Juliet Nicolson s'intéresse pour sa part aux femmes de son illustre lignée : son aïeule Pepita, issue des quartiers pauvres de Malaga et devenue une célèbre danseuse ; sa grand-mère Vita Sackville-West, écrivain et amante de Virginia Woolf... Une saga brillante, aussi élégante qu'un roman de Henry James.

Nathalie Crom / Télérama - février 2017

Récit attachant, exercice d'égohistoire, essai... le texte de Juliet Nicolson relève à la fois de tous ces genres, sans se laisser enfermer dans aucun. Si l'auteure convoque, au fil des pages et des chapitres, sa parentèle féminine et joue le rôle de pivot entre les générations passées et actuelles, ce n'est pas dans le seul et grave dessein de garder la trace de son histoire généalogique, de rendre justice à l'existence des femmes célèbres ou anonymes auxquelles l'attachent des liens familiaux. Dans le geste de Juliet Nicolson s'impose aussi la volonté d'interroger la notion de filiation, de soupeser le legs que se sont transmis ces femmes, d'en évaluer le poids et les contraintes induites, de pointer les continuités et les ruptures, de faire, si possible, la part des choses entre la singularité familiale et les conventions évolutives des différentes éopques que traverse son récit.

Sabine Audrerie / La Croix - février 2017

En creux de ce projet d'ampleur se dévoile un nœud précis, parfois diffus voire inconscient : la transmission du féminin, laissant place ou non à l'émancipation. [...] Ce livre est aussi celui de l'acceptation de l'âge, de l'inéluctable chemin vers la mort, et du plaisir de regarder grandir sa propre descendance. Une expérience dont l'auteur sait transmettre les bonheurs, évoquant ses filles et petite-fille.

Cette traversée éclairante de deux siècles, de Londres à Malaga ou New York, passionne précisément parce qu'elle est composée par un écrivain, dont la subtilité de regard et de plume offre à ses portraits sensibilité et distance.

Isaac ROSA

La pièce obscure

Actualitté - avril 2017

Magnifiquement écrit, La Pièce obscure, constat extrêmement lucide de l'état de la société, nous hante bien après en avoir fermé la porte.

Martin Solares

N'envoyez pas de fleurs

Christian Galdón / En attendant Nadeau - avril 2017

Il n'y a rien de mieux qu'un polar, "une conversation (infinie) dans l'ombre", pourrait-on dire avec Martín Solares, pour témoigner des rapports existant au sein d'une communauté. Rapports toujours humains : de l'homme avec l'homme, de l'homme avec la justice, de l'homme avec le pouvoir et ses sosies chargés de le "représenter" : les politiciens de tous ordres, y compris la police, ce double d'un double, impliqué, comme personne, dans le bonne entente de la représentation. Cela s'appelle couramment de la "politique".
[...]
Une fois l'enquête lancée, on est emporté par le rythme effréné et les renversements de situation du roman-reportage de Solares. Le lecteur est amené sur la scène du spectacle effrayant de l'impolitique mexicaine où les nouveaux et les anciens, deux gangs criminels, se partagent avec le gouvernement et la police le contrôle de la région.

Béatrice Arvet / La Semaine - mars 2017

A la frontière américaine, dans l'état de Tamaulipas, [...] la fille de Don Williams, un magnat américain, a été enlevée. Convaincu de l'incapacité des forces de l'ordre à investiguer efficacement, son père fait appel à un ancien flic, reconverti en hôtelier depuis qu'il a subi les foudres du commissaire Margarita pour avoir osé arrêter un véritable assassin à la place d'un pauvre hère n'ayant pas les moyens de payer un bakchich.
[...]
A ce polar qui tient en haleine jusqu'à la dernière ligne, [Martín Solares] ajoute une dimension documentaire glaçante. Axée sur la course contre la montre pour retrouver la jeune fille vivante, la première partie nous balade au coeur d'un système de représailles qui terrorise les habitants et transforme des lieux paisibles, économiquement florissants, en paysages de désolation. La seconde moitié du roman s'attache plutôt aux comptes que doit rendre le fameux Margarita à son successeur (et à sa conscience par la même occasion). Elle n'en réserve pas moins de nombreux rebondissements, toujours aussi représentatifs d'une région en plein chaos.

Peter Stamm

L'un l'autre

Florent Georgesco / Le Monde des livres - avril 2017

L'étrangeté magnétique de L'un l'autre ne se résorbe jamais : elle culmine même dans les dernières pages de ce roman tendu, intense, qui atteint alors une puissance inouïe, et fait surgir, au point de rencontre des rêves d'Astrid et de Thomas, un paysage d'une bouleversante beauté, que personne au monde ne pourrait avoir envie de fuir.

Astrid Eliard / Le Figaro littéraire - mars 2017

Peter Stamm a souvent campé ce genre de personnages, des héros discrets, banals, qui, on ne sait pourquoi, se retirent de leur monde bourgeois pour se nicher dans d'inconfortables cachettes. Dans L'un l'autre, on est frappé par le décalage entre l'écriture très civilisée de Stamm et l'expérience sauvage de Thomas, réduit à l'état de survie.

Patrick Kéchichian / La Croix - février 2017

Dès les premières lignes, on reconnaît l'art subtil de Peter Stamm [...]. Avec L'un l'autre, il atteint une sorte de perfection dans cet art.
Prenant pour point de départ une situation banale - bien que fort inquiétante -, l'auteur parvient au fil des pages, selon une progression minutieusement organisée, à donner une dimension quasiment universelle à l'histoire intime qu'il raconte. Non par de grandes envolées de l'imagination, non pas davantage en remplissant les marges d'une réflexion parallèle, mais au coeur même des sentiments et affects qui troublent la conscience de chacun des deux personnages. Sentiments que l'auteur décrit, fait évoluer, conférant à ce trouble une profondeur vertigineuse.

Philippe Garnier / Philosophie Magazine - février 2017

Cette prouesse de fiction s'opère par la magie d'une langue neutre, élémentaire, presque dépourvue d'images. Avec une virtuosité discrète, Peter Stamm pose des questions sans réponses : qu'est-ce que faire partie d'un monde, d'une famille, d'un couple ? Quelle part de nous reste irréductiblement étrangère à tout ce que nous vivons, à ce que nous voyons ?

Aurélie Janssens / PAGE des libraires - février 2017

Peter Stamm ne déçoit pas avec ce nouveau roman. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers. Il aime à dépeindre ces couples assez banals à qui il arrive un jour quelque chose d'extraordinaire, au sens propre du terme : qui sort du quotidien. C'est aussi l'écrivain de la fuite, cette décision spontanée, parfois non motivée [...]. Il décrit avec beaucoup de justesse et une langue épurée cette immense solitude nécessaire, ce besoin irrépressible de se perdre pour mieux se trouver et permettre de pouvoir enfin se tourner vers l'autre. Dès lors, ce roman de la fuite devient aussi celui de l'amour, de la fidélité à l'autre, en dépit du bon sens, en dépit de ce que les proches disent, quelque chose d'ancré au fond de soi, une certitude viscérale. [...] Un grand roman d'une simplicité bouleversante.

Frédérique Fanchette / Libération - février 2017

Des policiers se rendent sur les traces de Thomas, disparu à pied, à l'heure du coucher des enfants, un soir de retour de vacances. [...] Un chien dressé est lancé sur la trace olfactive du fugitif. Des dépenses par carte de paiement ont jalonné le parcours. Mais au bout de vingt heures de poursuite canine, les flics lâchent l'affaire. [...] Sa femme, Astrid, poursuit seule les recherches.

Norbert Czarny / En attendant Nadeau - février 2017

Au retour de vacances en Espagne, un homme quitte la maison familiale en Suisse, laissant sa femme et leurs deux enfants. Il n'emporte aucun bagage, ne prévient personne et ne donne aucune explication. L'un l'autre, le nouveau roman de Peter Stamm est, comme Paysages aléatoires, l'un de ses plus beaux livres, l'histoire d'un long voyage. Dans l'espace et à travers le temps d'une existence. Mais c'est aussi, comme l'Odyssée, l'histoire d'un retour.

Miriam Toews

Pauvres petits chagrins

Kerenn Elkaïm / Livres Hebdo - février 2017

Dans cette autofiction romancée, la journaliste canadienne Miriam Toews ose aborder des thèmes dérangeants, avec finesse et fluidité. Comment aider de grands dépressifs sans se laisser aspirer par leur tentation du vide ? Pourquoi les arracher aux griffes de Thanatos, s'ils veulent s'y lover ? [...] Loin d'être larmoyante, cette histoire de deux soeurs est d'une douceur, d'une pudeur et d'une drôlerie inattendues.

Enrique Vila-Matas

Mac et son contretemps

Kerenn Elkaïm / Le Soir - avril 2017

Une pièce maîtresse dans le puzzle littéraire qu'[Enrique Vila-Matas] ne cesse de tisser au fil du temps, tant ses thèmes de prédilection convergent dans ce jeu de quilles déstabilisant. Une passion pour l'obsession et la répétition qui entraîne son protagoniste dans un cheminement antagoniste.

Claude Grimal / En attendant Nadeau - avril 2017

Mac et son contretemps apparaît donc comme le dernier tour de prestidigitation littéraire de Vila-Matas, impeccablement exécuté, baguette dans une main, soda pétillant dans l'autre, sous une pluie d'étoiles magiques drôles et mélancoliques.

Baptiste Liger / L'Express - avril 2017

S'il soigne le chic de sa construction, de ses répliques et de ses références, Vila-Matas n'oublie jamais qu'une idée théorique n'est en rien inconciliable avec un plaisir ludique.

Mathieu Lindon / Libération - avril 2017

Comme d'habitude chez Vila-Matas, Mac et son contretemps est un roman dont la littérature est l'héroïne.

Alphonse Cugier / Liberté Hebdo - avril 2017

Ultime plaisir offert au lecteur, le roman se termine sur une dimension proustienne bienvenue, manière d'accepter l'écoulement du temps et d'incliner à l'apaisement. Légère, avenante, raffinée, grisante, ironique, cette forme de littérature qui multiplie à l'envi les registres a de beaux jours devant elle.

Marc Fumaroli / Le Figaro littéraire - avril 2017

Au moment où [paraît], en traduction chez Bourgois, le dernier "texte" de Vila-Matas, intitulé Mac et son contretemps, le Collège de France organisait l'une de ses "Grandes Conférences" en faveur du célèbre romancier espagnol.
Sous-titrée par un excellent traducteur, lue en castillan et en smoking par Vila-Matas lui-même, sa conférence très réussie s'acheva par la citation d'une vraie-fausse Marlene Dietrich en chanteuse de cabaret des années 1930. Cela résumait et concluait la poétique énoncée dans le texte. Le très nombreux public fondit en applaudissements [...].

Nathalie Crom / Télérama - mars 2017

Enrique Vila-Matas traite avec fantaisie du thème de la répétition dans l'écriture. Un roman enivrant.