Andrés Barba

Les Petites Mains

Dominique Aussenac / Le Matricule des Anges - juin 2018

Le désir sous toutes ses formes, avoué, tu, inabouti, partagé, imposé est décliné dans ces trois récits assemblés en deux livres. [...] On retrouve l'intranquillité de Pessoa, son lyrisme, la solaire noirceur d'un Pavese, le coeur des ténèbres d'un Conrad, le vertige d'un Malcolm Lowry ou la folie humaniste d'un Pasolini chez ce Barba-là et son théâtre de la cruauté.

Aline Sirba / onlalu - juin 2018

Au fil des pages, et dans une écriture acérée qui traduit l'inquiétude et la fascination, l'auteur fait monter la tension. Tout procède d'une logique du désir mimétique et de la violence qui, appliquée à l'enfance libérée des tabous, n'en est que plus dérangeante. Andrés Barba est impitoyablement efficace dans sa narration, où le groupe rongé par le mal désigne une victime expiatoire pour se purifier, tel que René Girard l'avait théorisé. Un conte cruel à la maîtrise implacable.

Linda Pommereul / PAGE des libraires - avril 2018

Andrés Barba est un jeune auteur espagnol, remarqué et unanimement salué par la critique. Peu étonnant car lire ses oeuvres, c'est prendre le risque d'une véritable expérience littéraire, une plongée en apnée dans un monde fascinant et singulier. Comme une évidence, il impose un rythme au lecteur, fasciné mais éprouvé par ces histoires tragiques et cruelles.

Mathieu Lindon / Libération - mars 2018

Cette phrase définit désormais Marina, 7 ans, l'héroïne des Petites Mains : "Mon père est mort sur le coup, ma mère à l'hôpital." Dans les deux autres textes d'Andrés Barba recueilli en un seul volume, Août-octobre et Mort d'un cheval, il se passe également quelque chose d'épouvantable. Et si pourtant un thème rassemble les trois narrations de l'écrivain né à Madrid en 1975, c'est celui du désir, rebattu mais qu'on n'a jamais vu traité de cette manière, le désir et les mots, le désir et le jeu.

Août, octobre / Mort d'un cheval

Dominique Aussenac / Le Matricule des Anges - juin 2018

Le désir sous toutes ses formes, avoué, tu, inabouti, partagé, imposé est décliné dans ces trois récits assemblés en deux livres. [...] On retrouve l'intranquillité de Pessoa, son lyrisme, la solaire noirceur d'un Pavese, le coeur des ténèbres d'un Conrad, le vertige d'un Malcolm Lowry ou la folie humaniste d'un Pasolini chez ce Barba-là et son théâtre de la cruauté.

Linda Pommereul / PAGE des libraires - avril 2018

Andrés Barba est un jeune auteur espagnol, remarqué et unanimement salué par la critique. Peu étonnant car lire ses oeuvres, c'est prendre le risque d'une véritable expérience littéraire, une plongée en apnée dans un monde fascinant et singulier. Comme une évidence, il impose un rythme au lecteur, fasciné mais éprouvé par ces histoires tragiques et cruelles.

Mathieu Lindon / Libération - mars 2018

Cette phrase définit désormais Marina, 7 ans, l'héroïne des Petites Mains : "Mon père est mort sur le coup, ma mère à l'hôpital." Dans les deux autres textes d'Andrés Barba recueilli en un seul volume, Août-octobre et Mort d'un cheval, il se passe également quelque chose d'épouvantable. Et si pourtant un thème rassemble les trois narrations de l'écrivain né à Madrid en 1975, c'est celui du désir, rebattu mais qu'on n'a jamais vu traité de cette manière, le désir et les mots, le désir et le jeu.

Richard Brautigan

Retombées de sombrero/Un privé à Babylone

Julien Coquet / Toute la culture - juin 2018

Lire Brautigan est un réel plaisir tant l'humour se distingue à chaque page. Composés de courts chapitres, le lecteur avance dans des récits enchevêtrés entre classiques du hard-boiled et comédies du trio ZAZ.

Nicolas Richard / AOC - avril 2018

Entre brouillard de cactus et cadavre dans son frigo, C. Card, détective raté et doux rêveur, s'échappe à Babylone pour éviter ses mésaventures bien trop réelles. Partie de polar menteur, l'un des derniers romans de Richard Brautigan, longtemps épuisé en France, reparaît ces jours-ci dans l'épatante traduction de Marc Chénetier.
[...]
Et l'on se demande en fin de compte, après une si réjouissante partie de rigolade, si tous les romans policiers, qu'ils soient antérieurs ou postérieurs à Un privé à Babylone, ne sont pas des variations autour du chef-d'oeuvre facétieux de Richard Brautigan.

Amel Zaïdi / PAGE des libraires - avril 2018

L'écriture fragmentaire fait de certains chapitres de véritables compositions poétiques. Complètement loufoque mais tellement juste, la prose à la fois tendre et amer de Brautigan donne une dimension tragi-comique à ses personnages.

Angela Carter

Love

Nathalie Crom / Télérama - juin 2018

Cinq ouvrages reparaissent aujourd'hui en France, qui offrent de s'immerger dans l'extrême singularité de l'imaginaire ensorcelé, anxiogène et volontiers ironique d'Angela Carter, peuplé de fillettes audacieuses, de femmes blessées et rompues, d'ogres et de centaures mythologiques, irrigué de pulsions et d'effroi.

Elisabeth Philippe / L'Obs - juin 2018

Ce qui pourrait être un banal triangle amoureux dans le Londres hippie de la fin des années 1960 devient, par le sortilège d'une écriture luxuriante, un conte symboliste d'une ténébreuse perversité. Ecrit en 1969, Love est le cinquième roman de l'Anglaise Angela Carter, incarnation d'un réalisme magique féministe. Disparue en 1992, elle compte parmi ses admirateurs Salman Rushdie et Margaret Atwood.

Gladys Marivat / Lire - juin 2018

La réédition de trois romans et d'un recueil de nouvelles met en lumière l'univers fantasque de celle qui a réveillé les lettres anglaises dans les années 1960 : Angela Carter.

Nelly Kaprièlian / Les Inrockuptibles - mai 2018

La réédition en poche de quatre de ses écrits majeurs chez Bourgois va nous permettre de redécouvrir ou de découvrir enfin l'écriture magnétique, aux images aussi magiques qu'aiguisées, voire tranchantes de précision, de celle [Angela Carter] dont l'oeuvre fut brutalement interrompue en pleine gloire alors qu'elle n'avait que 51 ans.

"Bien malin qui connaît son père..."

Gladys Marivat / Lire - juin 2018

La réédition de trois romans et d'un recueil de nouvelles met en lumière l'univers fantasque de celle qui a réveillé les lettres anglaises dans les années 1960 : Angela Carter.

Nelly Kaprièlian / Les Inrockuptibles - mai 2018

La réédition en poche de quatre de ses écrits majeurs chez Bourgois va nous permettre de redécouvrir ou de découvrir enfin l'écriture magnétique, aux images aussi magiques qu'aiguisées, voire tranchantes de précision, de celle [Angela Carter] dont l'oeuvre fut brutalement interrompue en pleine gloire alors qu'elle n'avait que 51 ans.

Le Magasin de jouets magique

Gladys Marivat / Lire - juin 2018

La réédition de trois romans et d'un recueil de nouvelles met en lumière l'univers fantasque de celle qui a réveillé les lettres anglaises dans les années 1960 : Angela Carter.

Nelly Kaprièlian / Les Inrockuptibles - mai 2018

La réédition en poche de quatre de ses écrits majeurs chez Bourgois va nous permettre de redécouvrir ou de découvrir enfin l'écriture magnétique, aux images aussi magiques qu'aiguisées, voire tranchantes de précision, de celle [Angela Carter] dont l'oeuvre fut brutalement interrompue en pleine gloire alors qu'elle n'avait que 51 ans.

Vénus noire

Gladys Marivat / Lire - juin 2018

La réédition de trois romans et d'un recueil de nouvelles met en lumière l'univers fantasque de celle qui a réveillé les lettres anglaises dans les années 1960 : Angela Carter.

Nelly Kaprièlian / Les Inrockuptibles - mai 2018

La réédition en poche de quatre de ses écrits majeurs chez Bourgois va nous permettre de redécouvrir ou de découvrir enfin l'écriture magnétique, aux images aussi magiques qu'aiguisées, voire tranchantes de précision, de celle [Angela Carter] dont l'oeuvre fut brutalement interrompue en pleine gloire alors qu'elle n'avait que 51 ans.

Florence Noiville / Le Monde - avril 2018

Ce sont des portraits de femme. De la mère d'Allan Poe à Jeanne Duval, la maîtresse de Charles Baudelaire qui lui inspira le cycle de "La Vénus noire", justement. Sous la plume subtile et ironique de la Britannique Angela Carter (1940-1992), on voit s'incarner cette muse sous toutes ses facettes, érotique, lasse, sensuelle ou cynique. Miroitant entre le clair et l'obscur, ces esquisses d'Angela Carter témoignent de ce que l'écrivaine savait faire de mieux : installer des atmosphères aux lisières du fantastique pour élever au plus haut l'art du trouble et de l'ambiguïté.

Léon Chestov

L'Homme pris au piège - Pouchkine - Tolstoï - Tchekhov

Pierre-Edouard Peillon / Le Nouveau Magazine Littéraire - juin 2018

La réalité n'a pas de forme et semble bien cruelle ; dès lors, comment l'écrivain "peut-il, en restant fidèle à la vérité de la vie, garder intacts les élans les plus sublimes de son âme" ? Voilà le piège où se trouve pris l'homme selon Léon Chestov dans ces trois textes consacrés à Pouchkine, Tolstoï et Tchekhov. Tout le talent des grands écrivains, selon lui, résidera dans une écriture menacée, capable de se laisser happer par la réalité, tout en lui tenant tête.

Copi

Théâtre : La Journée d'une rêveuse / Eva Peron / L'Homosexuel ou la Difficulté de s'exprimer / Les Quatre Jumelles / Loretta Strong / La Pyramide ! / La Tour de La Défense / Une visite inopportune

Christian Roinat / Espaces latinos - juin 2018

La lecture de ces textes est presque aussi enthousiasmante que de les voir jouées sur scène. La fantaisie débridée, les excès, les provocations permanentes sont aussi forts pour un lecteur que pour un spectateur.

Soazic Courbet / PAGE des libraires - juin 2018

Avec Copi, on dissèque l'humanité, qu'il s'agisse de pouvoir politique, d'homosexualité ou d'errance. Ses personnages sentent la mort et l'abandon, dans un style assurément grotesque. Ils se débattent avec leur entourage et surtout avec leur mère toujours délirante, toujours excentrique, toujours étouffante. Christian Bourgois double notre plaisir en rééditant dans un deuxième recueil trois romans de l'auteur. De quoi contempler de nouveau son aisance à créer des histoires débordantes de rebondissements et cruellement jubilatoires.

Michel Deutsch

Souvenirs épars

Emmanuel Vacher / PAGE des libraires - juin 2018

Mai 68 fait du théâtre un art à repenser, à réformer, pour ne pas dire à dépasser. Tandis que des auteurs comme Constantin Stanislavski en appellent à un "Théâtre d'Art" et une réforme de la pratique théâtrale, Michel Deutsch, auteur et metteur en scène né en 1948, va conceptualiser, avec le philosophe Philippe Lacoue-Labarthe (1940-2007), la possibilité même du théâtre. Dans ce livre à deux voix, Souvenirs épars, les deux hommes interrogent le théâtre autant dans sa double acception : théorique et pratique.

Philippe Lançon / Libération - juin 2018

Deutsch parle de "Lacoue" chemin faisant, brièvement, intensément, des gestes, des paroles, une silhouette,
saisis au cœur d'une pensée en mouvement.

Christian Lutz-Sorg / Les Dernières Nouvelles d'Alsace - juin 2018

Bien qu'intitulé Souvenirs épars, le texte de Deutsch est merveilleusement précis. Il nous remémore avec délice les moments fragiles et intenses de cette "Vie TNS", utopie magnifique en perpétuelle interrogation.
Depuis les rives de l'Aar qui abritaient le foyer de son complice, Deutsch observe aussi avec un soupçon d'amertume que, décidément, imaginaire et souvenirs ne se valent pas.

Jean-Pierre Léonardini / L'Humanité - mai 2018

Aux diverses raisons d'aimer ce livre d'une vie, peuplé d'heureuses digressions, il y a qu'on s'attache d'emblée à une écriture vive, précise, entée sur l'intelligence et la perception fine, non seulement des concepts mais aussi du concret des choses et de la présence des êtres. [...] Souvenirs épars, c'est manifeste, est de ces livres auxquels on revient, parce qu'une première lecture n'a pu en épuiser la richesse.

Manuel de la Escalera

Mourir après le jour des Rois

Emmanuel Abela / Novo - avril 2018

La publication de ce carnet plus de 50 ans après sa première édition sous un pseudonyme au Mexique en 1966 efface tout sur son passage. Ni avant ni après, l'éternel présent d'un homme plongé au coeur de l'appareil franquiste. L'auteur a été condamné à mort pour s'être opposé au régime et avoir tenté de se suicider - mal, en plus ! Nous vivons chacun des jours de cette farce tragique au cours de la trêve de Noël. Manuel en réchappe puisqu'il nous livre ses notes, d'autres n'auront pas cette chance. De récit en récit, il nous raconte non seulement ses souvenirs mais aussi la mémoire de ses compagnons d'infortune. Bouleversant.

Marie Hirigoyen / PAGE des libraires - avril 2018

Un témoignage rare sur les prisons franquistes, un récit impressionnant par l'absence de toute haine et par la dignité de ces hommes broyés.

Aurélie Carton / Amnesty International - avril 2018

Dans l'Espagne très catholique de Franco, pas d'exécution entre la Nativité et l'Epiphanie. L'auteur, militant républicain pendant la guerre civile et condamné à mort, profite de cette trêve pour entamer le journal de sa détention. Ce témoignage magistral, paru sous pseudonyme au Mexique en 1996, sort enfin en France.

Melina Balcázar Moreno / Diacritik - avril 2018

Dans les prisons de la dictature franquiste, la faim, la torture et la mort étaient le quotidien, mais existaient aussi la solidarité, la constitution d'une communauté, qui permettaient de résister et de survivre.
C'est ce que le journal de l'écrivain, cinéaste et traducteur espagnol Manuel de la Escalera nous montre avec précision et sobriété. Dans Mourir après le jour des Rois, il retrace ses premiers jours dans les couloirs de la mort de la prison d'Alcalá de Henares, entre décembre 1944 et janvier 1945.

Claude Eveno

Quelques uns

Patrick Kéchichian / La Croix - mai 2018

Aux lecteurs jeunes ou moins jeunes qui voudraient non pas se distraire avec les relents d'un certain folklore mais entrer dans la conscience d'une génération, ce livre est plus que nécessaire. [...] Le grand mérite de Claude Eveno est précisément de montrer la pluralité, le désordre des pensées et des sentiments, des actes et des paroles, que l'histoire et sa mémoire, par commodité, ont fini par cristalliser.

Toni Morrison

L'Origine des autres

SFL - juin 2018

Romancière, essayiste, éditrice et professeur, Toni Morrison est une figure majeure de la littérature américaine, couronnée par le prix Pulitzer en 1968 et par le Nobel de littérature en 1993. Ce recueil fait état de six conférences prononcées à Harvard par l'auteur au printemps 2016, une année avant la fin du second mandat de Barack Obama. Dans ces exposés, Toni Morrison se propose d'expliquer les fondements de la notion d'esclavage et de la réalité du sentiment ségrégationniste.

Florent Georgesco / Le Monde - mai 2018

L'étranger est quelque chose qui se fabrique : tel est le sens du titre et le coeur conceptuel de cette Origine des autres, reprise d'une série de conférences données en 2016 à l'université Harvard par la grande romancière et intellectuelle américaine.
[...]
Le mélange de force d'évocation et de puissance théorique propres à Toni Morrison domine cependant, à mesure que revient, sous des formes changeantes, l'unique obsession qui porte sa pensée : qu'il soit enfin rendu possible de voir en quiconque se tient devant moi non plus l'altérité, ni la similitude, ni aucune des idées que je peux me faire de lui, mais lui-même.

Didier Jacob / L'Obs - avril 2018

Quand devient-on l'Autre ? A quel moment n'est-on plus considéré comme un être singulier, mais comme le représentant d'une race inférieure ? Prix Nobel de littérature en 1993, Toni Morrison a consacré à l'analyse de la discrimination six conférences, données à l'université de Harvard en 2016, où elle mêle réflexions de haute volée et souvenirs de son enfance. [...] Analysant aussi la place des Noirs dans la littérature (Faulkner, Hemingway), l'auteur de Beloved remue en somme, avec une sacrée intelligence, le couteau dans la plaie.

Yann Fastier / Le Matricule des Anges - avril 2018

Il n'y est pas question d'autre chose que ce qui est au coeur même de ses romans, à savoir la question de la race et, plus largement, celle de l'Autre tel que le construit l'idéologie raciste. Le racisme précède la race : le racisme ne cesse de réinventer la race dans une tentative désespérée pour préserver un "moi devenu étranger à lui-même".
[...] Faire entendre la voix de l'Autre, c'est tout le sens d'une oeuvre sur laquelle elle revient avec une intelligence et une sensibilité qui semblaient avoir fui l'Amérique à toutes jambes.

Aurélie Janssens / PAGE des libraires - avril 2018

Toni Morrison continue de nous donner avec talent, intelligence et générosité les armes pour combattre la haine et l'intolérance. Un bref ouvrage tout simplement indispensable.

Christophe Mercier / Le Figaro - avril 2018

Toni Morrison reste fidèle à ses obsessions et continue à s'interroger sur la notion de "race", sur la façon dont cette notion est née et perdure encore aujourd'hui.
Ses six conférences la montrent telle qu'en elle-même, d'une intelligence structurée ; historienne, ici, plus que romancière. [...]
Toni Morrison ne cherche pas à apporter de solutions mais, avec la hauteur de vue qui est la sienne, tente d'en donner des explications. Et ce n'est qu'en comprenant la source d'un problème, une source qui remonte à bien, bien longtemps, qu'on peut espérer lui trouver une solution.

Camille Thomine / Le Nouveau Magazine Littéraire - avril 2018

Prononcés à Harvard durant la dernière année de mandat d'Obama, alors que les brutalités policières à l'encontre des Noirs gagnaient le débat national, ces six morceaux de bravoure débusquent et dissèquent, jusque dans leurs manifestations les plus inacceptables, les ressorts politiques, psychologiques et pseudo-scientifiques de la fabrication de l'étranger.

Serge Bressan / Le Quotidien du Luxembourg - mars 2018

A 87 ans, la romancière américaine Toni Morrison ne lâche rien. Militante, encore et toujours. A preuve, son nouveau livre, L'Origine des autres, recueil bref et indispensable qui regroupe les textes des six conférences qu'elle a prononcées en 2016 à l'université de Harvard et préfacé magnifiquement par le journaliste et romancier Ta-Nehisi Coates, qui fut un de ses élèves.
[...] Celle qui a reçu le Pulitzer en 1988 puis le Nobel de littérature en 1993 déroule une réflexion passionnante, intelligente et formidablement érudite sur "l'autre", sur le racisme ou encore la définition de l'inhumain.

Fernando Pessoa

Livre(s) de l'inquiétude

Sarah Gastel / PAGE des libraires - juin 2018

En ces temps où les libraires sont submergés de livres autour du développement personnel, il peut être bon de faire un pas de côté en redécouvrant Fernando Pessoa et son oeuvre emblématique, véritable invitation à l'intériorité. [...] A travers ces pensées et divagations [...], témoignages d'un monde intérieur, le lecteur tombera sur des pages somptueuses à la portée universelle. Et trouvera des billes pour affronter la vie [...] !

Fabula - mai 2018

S'appuyant sur l'examen autant que faire se peut exhaustif des manuscrits du Livro do Desassossego, [Teresa Rita Lopes] en propose aujourd'hui une version aussi audacieuse que convaincante, lui assignant trois auteurs parfaitement différenciés [...]. Leurs voix respectives sont ainsi mises en scène dans une impeccable cohérence et complémentarité, qui confère à ce grand texte une étonnante unité dans sa diversité. Teresa Rita Lopes offre ainsi une structure interne qui fait de cet ensemble, selon elle, le "livre de la vie" de Pessoa [...].

Véronique Bergen / Art Press - avril 2018

Cette version décisive du Livro(s) de Desassossego sculpte un objet littéraire unique, frère du Livre auquel Mallarmé aspirait.

Amaury da Cunha / Le Monde - avril 2018

Ce livre sombre et morcelé se lit comme un journal intime où s'inscrit la lente dégradation de l'identité. Etrangères à elles-mêmes et coupées du réel, les créatures de Pessoa se réfugient dans leur langue pour se perdre ou se réinventer.

Gilles Heuré / Télérama - avril 2018

Ecrits entre 1913 et 1935, les quelque vingt-sept mille textes en désordre retrouvés dans la fameuse malle sont comme les cailloux d'un jeu de piste, avec identités mélangées et chronologie indocile. Mais il s'agit bien d'un seul homme. Pessoa, champion des hétéronymes, souffre et s'amuse dans les différentes façons de cultiver ses états d'âme et de serpenter dans ses sensations pour "en tisser la réalité intérieure". Les hétéronymes ? Un pour tous et tous pour un : le seul Pessoa, qui se dissimule et se fragmente avec un raffinement intellectuel inouï, n'obéissant qu'à sa propre logique. Véritable entomologiste de son moi, pièce perdue du puzzle qu'est l'humanité, il se regarde écrire et observe méticuleusement sa solitude, épingle ses angoisses, et ne cesse de clamer ses singuliers mouvements de l'âme en recherchant toujours la note juste, unique, dans une polyphonie d'identités.

Gilbert Vaudey

Vie et mort de l'Inca Atahuallpa

Bertrand Hugot / PAGE des libraires - juin 2018

Après l'évocation de la journée du 16 novembre 1532 et la défaite de l'armée du Fils du Soleil face à une petite troupe de conquistadors espagnols, l'auteur nous donne à voir le destin, ô combien pathétique, de ce souverain d'une riche et complexe civilisation et dont l'Empire va s'effondrer en moins d'une journée. [...] Avant cette chute, c'est bien du faste de la société inca, de sa complexité et de son ingéniosité qu'il est question avec, en miroir, l'intrépidité et l'arrogance des conquistadors. Ainsi, au fil des pages, se dessine la face-à-face improbable de ces deux mondes dont l'un va presque cesser d'exister au contact de l'autre.

Virginie Bloch-Lainé / Libération - juin 2018

Atahuallpa valait Louis XIV. Pas moins extravagant, ni moins puissant. Il n'était pas permis de regarder ce souverain dans les yeux. Pour le saluer, il fallait se tourner vers le soleil. Une cérémonie accompagnait son réveil. Le chef inca est pourtant déchu et dépouillé en une seule scène : le 16 novembre 1532, les Espagnols l'emportent à Cajamarca, dans les Andes, et un autre empire commence. Gilbert Vaudey raconte cet "épisode canonique".