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Denis Johnson Personne bouge

"Personne bouge" de Denis Johnson
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent

Jimmy Luntz n’avait jamais fait la guerre, mais ça y ressemblait sacrément, il en était sûr – dix-huit types dans une pièce, Rob, le metteur en scène, les expédiant dehors – dix-huit types, épaule contre épaule, sortant de leur trou sur les ordres de leur chef pour faire ce que jour et nuit on leur avait appris à faire. Ils attendaient en silence et dans l’obscurité, derrière le lourd rideau, tandis que de l’autre côté l’animateur racontait une blague éculée, et puis : « LES CHORISTES RELAX D’ALHAMBRA, CALIFORNIE ! » – et ils sourient vers les projecteurs éblouissants pour exécuter leurs deux numéros.
Luntz était l’un des quatre meneurs. Sur Firefly, il trouva qu’ils s’en tiraient super bien. Leurs voyelles s’accordaient, ils laissaient les consonnes filer, et Luntz savait que lui au moins rayonnait, qu’il débordait de langage corporel. Sur If We Can’t Be The Same Old Sweethearts, ils chopèrent la vague. Unisson, résonance, expressivité, tout ce que Rob exigeait d’eux. Ils n’avaient jamais été aussi bons. Exhiber le profil droit, descendre les marches, rejoindre l’entresol du palais des congrès, où ils se mirent de nouveau en rangs, cette fois pour les photos souvenirs.
« Même si nous terminons vingtièmes sur vingt groupes, leur déclara ensuite Rob tandis qu’ils quittaient leur tenue de scène, le smoking blanc, le gilet et le nœud papillon à carreaux,  nous finirons en réalité vingtièmes sur cent, d’accord ? Parce que, rappelez-vous bien ça, les gars, cent groupes ont essayé de participer à cette compétition, et vingt seulement sont arrivés jusqu’ici à Bakersfield. Oubliez jamais ça. Nous sommes classés sur cent, pas sur vingt. Rappelez-vous ça, d’accord ? » On avait la vague impression que Rob trouvait qu’ils n’avaient pas été vraiment bons.
Midi moins des poussières. Luntz ne prit pas la peine de se mettre en tenue de ville. Il ramassa son sac de gym, promit de retrouver les autres au Best Value Inn, puis remonta les marches quatre à quatre, toujours en tenue de scène. Il eut soudain envie de faire un pari. Sentit que la chance était avec lui. Il avait un bulletin de pari à Santa Anita plié dans la poche de son smoking d’un blanc éblouissant. Les courses commençaient à midi trente. Trouver un téléphone public, passer un ordre à quelqu’un.
En traversant le hall du bâtiment vers la sortie, il remarqua qu’on avait déjà affiché le classement final. Les Choristes d’Alhambra arrivaient dix-septièmes sur vingt. Mais bon, c’était en fait dix-septièmes sur cent, pas vrai ?
Très bien, parfait. Ils avaient foiré. Pourtant, Luntz avait toujours l’impression que la chance était avec lui. Les joues rasées nickel, une coupe de cheveux impec, un smoking à tomber. Il était prêt pour Monte-Carlo.
Il franchit les grandes portes en verre, et voilà ce bon vieux Gambol qui faisait le pied de grue juste derrière. Qui surveillait les allées et venues. Un grand type triste en pantalon et chaussures de luxe, manteau sport en poil de chameau, le genre de chapeau de paille blanc qu’affectionnent les vieux golfeurs. Une tête vraiment énorme.
« Tiens tiens, constata Gambol, tu chantes dans un groupe barbershop*.
— Qu’est-ce tu fous ici ?
— Je suis venu te voir.
— Arrête de me charrier.
— Si, c’est vrai.
— T’as fait tout le chemin jusqu’à Bakersfield ? »
Cette impression de chance. Elle lui avait déjà joué des tours.
« Je suis garé là-bas », dit Gambol.
Il conduisait une Cadillac Brougham couleur cuivre, à la sellerie en cuir blanc souple.
« Le bouton sur le côté de ton siège, expliqua-t-il, c’est pour ajuster la position du dossier.
— Y a des gens qui vont se demander où je suis, objecta Luntz. Ils doivent me ramener en bagnole à Los Angeles. C’est prévu.
— Appelle-les.
— Oui, bien sûr – trouve une cabine publique et j’y fais un saut. »
Gambol lui tendit un téléphone portable. « Personne sort d’ici. »
Luntz se tapota les poches, trouva son calepin, l’ouvrit sur ses cuisses, enfonça des touches avec son pouce. Il tomba sur la boîte vocale de Rob et dit : « Salut, compte pas sur moi. J’ai une voiture pour me ramener à L.A. » Il réfléchit une seconde. « C’est Jimmy. » Quoi d’autre ? « Luntz. » Quoi d’autre ? Rien. « C’est parfait comme ça. À mardi. La répète c’est mardi, non ? Ouais. À mardi. »
Il rendit le portable à Gambol, qui le fourra dans la poche de son luxueux manteau sport italien.
« Je peux fumer ? demanda Luntz.
— Bien sûr. Dans ta caisse. Pas dans la mienne. »
Gambol conduisait d’une main et, un long bras tendu vers la banquette arrière, fouillait de l’autre dans le sac de gym de Luntz. « C’est quoi ?
— Protection.
— Contre quoi ? Les grizzlys ? » Sa main passa devant les genoux de Luntz et fourra l’arme dans la boîte à gants. « Sacré flingue… »
Luntz ouvrit la boîte à gants.
« Ferme ce truc, bordel. »
Luntz la referma.
« T’as besoin de protection ? Paie tes dettes. C’est la meilleure protection qu’existe.
— Complètement d’accord, dit Luntz. Je peux te parler d’un oncle à moi ? J’ai rendez-vous avec lui cet après-midi.
— Un oncle riche ?
— Il se trouve que oui. Il vient de quitter la côte. Il s’est fait un pognon monstre dans le business des ordures. Ce type achète une Mercedes neuve tous les ans. Il vient de s’installer à Bakersfield. La dernière fois que je l’ai vu, il habitait toujours La Mirada. Le roi des ordures de La Mirada. Il m’a dit que, si jamais j’avais besoin de thunes, j’avais qu’à le contacter. On a déjeuné ensemble à l’Outback Steakhouse de La Mirada. Une bouffe extra. Des tranches de bidoche épaisses comme le bras. T’as déjà essayé l’Outback ?
— Pas récemment.
— Alors, autrement dit, laisse-moi passer un coup de fil à ce type avant qu’on quitte la ville.
— Autrement dit, tu peux pas payer ?
— Si, bien sûr que si, dit Luntz. Je peux payer. Laisse-moi juste me servir de ton portable et passer un petit coup de fil magique. »
Gambol fit la sourde oreille.
« Allez. Ce type roule en Mercedes. Laisse-moi aller le voir.
— C’est rien que des putain de conneries. Ton oncle, tu parles.
— D’accord. C’est l’oncle de Shelly. Mais il existe réellement.
— Shelly est-elle réelle ?
— Bien sûr que oui. Shelly ? Je vivais autrefois avec elle.
— L’oncle d’une pouf que t’as baisée.
— Laisse-moi une chance, l’ami. Une chance de faire un petit tour de magie.
— T’essaies de faire ton petit tour de magie en ce moment même. Et ça marche pas.
— Écoute, mec, écoute-moi, dit Luntz. Appelle Juarez. Laisse-moi parler au boss en personne.
— Juarez est pas un bavard.
— Allez. Est-ce qu’on se connaît pas, tous les deux ? Où est le problème ? »
Gambol dit : « Mon frère vient de mourir.
— Quoi ?
— Il est mort y a pile une semaine. »
Luntz n’avait jamais entendu parler du moindre frère. Comment discuter avec un type qui balance ce genre d’info dans la conversation ?
Ils roulaient vers le nord. Bakersfield empestait le pétrole et le gaz naturel. Aux endroits les plus improbables, au beau milieu d’un grand centre commercial ou à côté d’une de ces nouvelles églises de luxe, tout en verre et en courbes élancées, on voyait des puits de pétrole dont la tête métallique montait et descendait.
 « Dans le temps je pêchais ici avec mon frère, dit Gambol, quelque part dans le coin en tout cas. Le long de la rivière Feather. »
Luntz écarta les mains et les regarda. « Quoi ?
— Une fois, pour être exact. On a pêché là-bas une fois ensemble. On aurait dû y aller plus souvent. »
La route était une deux fois quatre voies, mais pas une autoroute. L’horloge du tableau de bord annonçait quatre heures de l’après-midi.
« On est où ?
— On tourne en rond, répondit Gambol. Pourquoi ? T’as besoin d’aller quelque part ? »
Luntz posa les mains sur ses genoux et se redressa. « On va où ?
— Dans ce genre de balade, on n’a pas besoin de savoir où elle va finir. »
Luntz ferma les yeux.
Quand il les rouvrit, il vit une horde de motards en Harley qui fonçaient vers eux.
Gambol dit : « T’as vu ? La moitié de ces bikers avaient des plaques de l’Oregon. Je parie qu’y a un rassemblement à Oakland ou un endroit comme ça. Tu sais quoi ? Je suis jamais monté sur une moto.
— Merde, lâcha Luntz.
— Quoi ?
— Rien. Ces bikers. Merde, dit-il. La rivière Feather. Est-ce qu’il y a une Taverne de la Rivière Feather, ou un truc de ce genre ?
— Cette rivière est pas près d’ici. Elle est plus au nord. Tu sais quoi ? Tu me feras jamais monter sur une Harley.
— Ah bon ?
— Avec casque ou sans. À quoi ça sert, un casque ?
— La putain de rivière Feather », dit Luntz.
Dans la cabine publique, Jimmy Luntz composa le 9, le 1 et s’arrêta. Il n’entendait pas la tonalité. Il avait encore les oreilles qui tintaient. Ce vieux Colt émettait une détonation qui vrillait salement les tympans.
Il lâcha le récepteur et le laissa pendre quelques secondes au bout du fil. Il secoua la tête et s’essuya les mains contre le haut de son pantalon. Son index enfonça de nouveau la touche 1 tandis qu’il collait l’écouteur contre son oreille. Une femme dit :
« Bureau du shérif du comté de Palo. Quelle est la nature de votre urgence ?
— Un type. Ce type, répondit-il. Ce type s’est fait buter.
— Quel est votre nom et où êtes-vous, monsieur ?
— Eh bien, nous sommes sur une aire de repos, au nord du Tastee-Freez, sur la 70, quelque part après Ortonville. Bien après Ortonville.
— Monsieur, vous voulez dire Oroville ?
— Pile poil », fit Luntz. De sa main libre, il chercha une cigarette.
« Voyez-vous une borne indiquant le nombre de miles, monsieur ?
— Non. Il y a des grands pins juste à côté de la route. Un peu par-derrière.
— L’aire de repos au nord du Tastee-Freez et au nord d’Oroville. Dans quel état est la victime, pouvez-vous me le dire ?
— Il s’est pris une balle dans la cuisse, dit Luntz. Comment fait-on un garrot ?
— Contentez-vous d’exercer une pression ferme sur la blessure. Est-il conscient ?
— Il se porte comme un charme, ma jolie. Mais ça pisse le sang.
— Une pression ferme sur la plaie. Posez un tissu propre dessus et appuyez fort sur la plaie avec la paume.
— Je vais m’en occuper, mais, je veux dire… Pouvez-vous arriver ici en vitesse ? »
Dès qu’elle reprit la parole, il raccrocha.
Il trouva son briquet et alluma une Camel. Tira plusieurs longues bouffées, puis la jeta.
Il traversa l’aire de repos parmi les arbres à feuilles persistantes et rejoignit l’endroit où Gambol était assis contre la roue arrière gauche de sa Cadillac, blanc comme un linge. Et massif. Il avait ôté son chapeau de golf blanc. Quelle tête ! Une énorme caboche. Toute sa jambe de pantalon droite était noire de sang. Son chapeau blanc était posé à côté de lui.
Luntz se pencha et dégrafa la ceinture de Gambol, lequel ouvrit de grands yeux perplexes.
Luntz dit : « J’ai besoin de ta ceinture pour te faire un garrot. »
Il posa le pied entre les grosses cuisses du malabar et tira la ceinture à travers les passants autour de son ventre bien gras. « Écoute, mon frère, dit-il à Gambol, j’espère que tu piges. »
Gambol respira profondément à deux ou trois reprises, mais sans paraître en état de parler.
« Tu voudrais peut-être que je m’asseye à côté de toi et que j’attende que tu me casses le bras ? C’est quand la dernière fois que t’as eu un os cassé ? »
Gambol ahanait tant et plus. Il tâtonna près de lui pour trouver son chapeau, l’amena contre son buste et le tint là. « Tu sais quoi ? réussit-il à dire. Y a une minute, je viens de me faire exploser le fémur.
— J’ai appelé les urgences, alors accroche-toi. »
Avec une énergie surprenante, Gambol lança soudain au loin son chapeau blanc. Le vent s’en empara et le galurin vola sur une douzaine de mètres vers les arbres. Puis Gambol parut s’évanouir.
Luntz lâcha la ceinture sur les cuisses ensanglantées de Gambol. Il écarta les pans du manteau sport en poil de chameau, passa la main à l’intérieur pour prendre le portefeuille de Gambol et l’empocha.
Il remonta son pantalon, s’accroupit et passa la main sous la voiture à l’endroit où le vieux flingue avait atterri, trouva l’arme, puis se releva en tenant le Colt à deux mains. Il plaça le canon contre le front de Gambol et posa le pouce sur le percuteur.
Gambol semblait inconscient. Il avait les mains grandes ouvertes de part et d’autre de ses jambes allongées. Son ventre montait et descendait.
Luntz retira son pouce du percuteur, laissa l’air sortir de ses poumons, abaissa l’arme. « Merde. Serre ça autour de ta cuisse. La ceinture, mec. Réveille-toi, mec. » Le visage de Gambol évoquait celui d’un jeune débile tandis qu’il saisissait un bout de la ceinture pour la glisser sous sa cuisse ensanglantée. « Mets-la dans le passant, là, le passant, dit Luntz. C’est un garrot », ajouta-t-il en montant dans la voiture.
Il s’installa sur le cuir blanc de la Cadillac. Fit tourner la clef de contact. Baissa la vitre et lança : « Tu ferais mieux de bouger de là, Gambol, parce que cette Caddy va démarrer. »
Il mit le levier en position Drive, enfonça le champignon, propulsa la voiture à toute vitesse hors du parking, puis, à l’entrée de la route, freina à mort.
Ils arriveraient du sud, devina-t-il, de l’hôpital d’Ortonville, Oroville, peu importe. Il bifurqua vers le nord.
Après avoir croisé une voiture de police qui roulait très vite, tous gyrophares allumés, il ne réussit tout bonnement pas à aller plus loin et il s’arrêta sur le parking d’un café, dans la banlieue d’une ville anonyme.
Il gara la Caddy derrière le bâtiment, puis s’essuya le visage contre la manche. Sa chemise et son gilet étaient trempés de sueur. Il toucha les cadrans de contrôle de la clim avec délicatesse et stupidité, sans réussir à comprendre leur fonctionnement. Il descendit de voiture, retira veston, nœud papillon et gilet, puis il resta immobile dans la brise. Il s’accrocha à la portière, se plia en deux, vomit une bile verte et amère entre ses chaussures noires.
Aux toilettes pour hommes, Luntz resta une bonne minute devant l’urinoir, mais rien ne venait. Il actionna malgré tout la chasse d’eau. Il posa les mains sur le lavabo, pencha la tête en avant et respira plusieurs fois avant de lever les yeux vers le miroir.
Vers onze heures du matin Anita Desilvera alla au cinéma avec une demi-pinte de vodka Popov dans son sac à main. En approchant de l’entrée, elle aperçut l’affiche d’un film d’aventures : The Last Real Champ.
Elle acheta un billet à l’homme au visage de pierre assis dans la cabine en verre, puis entra. Elle s’offrit une grande limonade rose et, sur le chemin de la salle, en versa la moitié dans la fontaine avec un cliquetis de glaçons. Descendit la travée dans l’obscurité jusqu’aux rangées du devant. S’assit sans enlever son manteau, resta plusieurs secondes penchée en avant, le front contre le dossier du siège de devant, puis se redressa en pleurant.
Elle ouvrit la bouteille, versa la vodka dans sa boisson, d’un coup de pied envoya le récipient vide sous le siège voisin.
Le film évoquait apparemment le monde des boxeurs professionnels. Des gros plans spectaculaires montraient les éclaboussures de sueur arrachées aux fronts et aux joues par de gigantesques gants de boxe. Un homme assis seul deux rangs devant elle s’agitait et grognait en suivant l’action : « Hou ! Ah ! Oh ! »
Tandis que sur l’écran les hommes se démolissaient le portrait à coups de poing, elle restait assise dans l’obscurité, ivre à trente pour cent. Elle trouva un mouchoir dans la poche de son manteau, s’enfouit le visage dedans et s’abandonna plus librement aux larmes. Il n’y avait en vérité aucun autre endroit où l’épouse du procureur du comté de Palo pouvait donner libre cours à son ébriété et à sa douleur. Elle n’avait même plus la clef de sa propre maison. Ils avaient tout pris, sauf la voiture.
Quand sa montre annonça midi moins dix, elle se dirigea vers les toilettes, se refit une beauté, se donna un coup de brosse, puis sortit dans la rue aveuglante de lumière.
Le Packard Room se trouvait à deux rues du cinéma. Elle marcha d’un pas rapide en respirant à fond. Devant l’entrée du restaurant, elle lissa sa jupe grise et ajusta son manteau, puis, en avançant dans la lumière froide de la serre transformée en salle à manger, elle mit les épaules bien en arrière et s’assura qu’elle souriait de tout son visage.
Hank Desilvera, l’air cossu, était attablé dans un angle. Il rendit son sourire à Anita comme s’il était le prince des Lendemains Qui Chantent, tout en baissant le bras pour prendre des papiers dans son attaché-case.
Quand elle eut plié son manteau sur la chaise vacante et qu’elle se fut assise, le repas le plus répugnant de toute sa vie était servi devant elle : l’accord légal ; la lettre de démission ; la renonciation. Trois exemplaires de chaque.
Elle prit le stylo et signa. Quarante-cinq secondes lui suffirent pour liquider sa vie antérieure.
Hank se contenta de rire et rangea les documents signés dans son attaché-case posé près de sa chaise. Il haussa les épaules. Il réussit à présenter tout ça comme un simple coup dur pour elle dans ce qui de toute évidence était sinon une période merveilleuse de son existence.

* Style de chant a cappella qui fait l’objet de compétitions aux États-Unis et au Canada. (N.d.T.)