+ Ce qui est arrivé à M. Davison - McGregor Jon
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McGregor Jon Ce qui est arrivé à  M. Davison

"Ce qui est arrivé à M. Davison" de Jon McGregor,
traduit de l'anglais par Christine Laferrière.

Elle cherchait ce manteau


Lincoln


Elle est entrée et elle cherchait ce manteau. C'était celui de son père, a-t-elle dit. Il l'avait laissé dans le bus la semaine dernière. Elle a passé un long moment à le décrire. Chevrons est un terme qu'elle a employé. En outre, elle a dit qu'il était d'un genre de couleur vert mousse passé. Ou plutôt vert sauge passé, mais d'un vert sauge passé foncé, avec une nuance marron. Elle m'a demandé si je voyais de quelle couleur elle voulait parler. J'ai répondu que je croyais comprendre. Elle avait les mains à plat sur le comptoir et elle essayait de regarder derrière moi, ainsi que le font les gens, comme s'ils pensaient que je cache quelque chose. Elle a dit que les boutons étaient en écaille et qu'il en manquait un. Elle a dit que la doublure était d'un bleu marine très foncé et qu'elle était déchirée d'un bras jusqu'à l'ourlet. Elle m'a demandé si, d'après moi, ourlet était le mot juste dans le cas d'un manteau d'homme. J'ai répondu que ça, je n'en savais rien. Il l'avait laissé dans le bus la semaine précédente, m'a-t-elle répété, le mercredi. Ce manteau avait bel et bien une ceinture mais il se pourrait qu'elle ait disparu, a-t-elle ajouté. J'ai tourné le bloc de formulaires « Objets égarés/B » dans son sens sur le comptoir en lui demandant de remplir ses nom, adresse et numéro de téléphone. J'ai dit que je pouvais faire le reste. J'ai dit que je ne croyais pas que nous ayons quoi que ce soit ici précisément au bureau mais que je pouvais effectuer des recherches. Elle regardait le formulaire comme si elle n'arrivait pas à le lire. Elle a dit que c'était sans aucun doute le mercredi. Elle a dit que, d'après elle, le manteau venait de chez Burton. Je lui ai demandé si elle savait dans quel bus l'objet avait été égaré. Elle a répondu que non. Elle a répondu que c'était probablement à un moment quelconque de la matinée. Elle a répondu que son père lui avait dit qu'il était parti retrouver son ami pour déjeuner, quand elle lui avait parlé, quand elle lui avait parlé au téléphone, mercredi dernier. À l'entendre, j'avais envie de lui demander si elle n'avait pas besoin de s'asseoir. J'ai demandé si son père avait une carte de bus, elle a fait oui de la tête et je lui ai dit que, dans ce cas, il y avait peu de chances qu'il se soit trouvé dans le bus avant neuf heures et demie. Elle a eu l'air surpris. J'ai dit : Alors on se rapproche, pas vrai, ma petite dame ? J'ai tenté un sourire. Elle, elle n'a pas souri. J'ai demandé s'il y avait des objets de valeur dans les poches. Elle a répondu qu'elle ne savait pas très bien. Elle a pris le stylo. Elle a dit : Il y a sûrement des stylos dans la poche supérieure, dans la poche de poitrine. Elle a commencé à remplir son nom et son adresse. Kathryn quelque chose. Avec un Y. C'était un joli nom. Il lui allait bien. Elle avait les cheveux très noirs. Je lui ai dit que si elle pouvait indiquer toutes ses coordonnées sur le formulaire, je pourrais effectuer des recherches et que quelqu'un la contacterait. Je lui ai dit qu'elle avait fourni une très bonne description et que j'étais certain que, si on avait rapporté le manteau, nous pourrions le localiser pour son père. Il y avait un autre client qui attendait à ce moment-là. Il n'y a jamais d'autre client d'habitude. J'ai dit que quelqu'un se mettrait en contact avec elle dès que possible, si on l'avait rapporté. Je lui ai dit que malheureusement par les temps qui courent, etc. Elle m'a demandé si elle avait précisé que c'était un manteau long. Je lui ai répondu que ça, je croyais l'avoir supposé. Il lui arrivait jusque-là, a-t-elle dit en désignant ses genoux, mais mon père était bien plus grand que moi donc sur moi il aurait l'air plus long que ça. J'ai commencé à dire quelque chose mais je me suis retenu. Nous avions vraiment la queue à ce moment-là. Nous n'avons jamais la queue d'habitude. J'ai dit que j'espérais que nous pourrions localiser l'objet pour elle. Je lui ai répété que quelqu'un la contacterait. Elle m'a dit que le col était marron. Elle essayait de se rappeler le nom du matériau. Elle a dit : Comment ça s'appelle, c'est comme du cuir retourné, il faut le brosser, c'est doux au toucher, ça sent comme le cuir mais c'est doux au toucher quand on le caresse, si on le caresse dans le mauvais sens ça laisse des traces. Je lui ai demandé si elle voulait dire du daim et elle a répondu que oui, c'était ça, du daim. J'ai écrit sur le formulaire que le manteau avait un col en daim marron. Je lui ai demandé s'il y avait autre chose en quoi je pouvais lui être utile aujourd'hui.

Chercher vagin


Welton


Il était le premier garçon de sa classe à avoir des poils pubiens. Il avait vaguement présumé que ce pourrait être quelque chose qui ferait envie aux autres garçons. Peut-être même qui leur en imposerait. Quelque chose qui les forcerait à le voir sous un jour nouveau. Mais cela ne s'avéra qu'un élément supplémentaire dont ils pouvaient se servir dans la campagne qu'ils menaient pour le vilipender.
Vilipender était un mot qu'il avait rencontré récemment. C'était un mot qu'il avait trouvé facile à comprendre.
Viril était un autre mot. Ce mot concernait le sexe. Sachant que les poils pubiens étaient la première étape sur le chemin qui le conduirait aux rapports sexuels, il pensait que cela pouvait signifier qu'il était viril et que les autres garçons seraient impressionnés, peut-être même intimidés, ou tout du moins reviendraient sur l'opinion apparemment viciée qu'ils avaient de lui.
Cela faisait désormais plus d'un an qu'il avait ces poils pubiens. Il s'y était habitué et avait presque oublié qu'ils pouvaient poser problème. La question ne s'était jamais présentée. Mais c'était la dernière année d'école primaire, on commençait des cours de natation hebdomadaires et, à la piscine, il y avait un vestiaire commun. L'un des garçons vit ces poils, les désigna aux autres garçons et bientôt tous regardaient et l'interrogeaient à ce propos.
Pendant un moment, tout sembla suspendu en équilibre, comme quand un car penche au bord d'une falaise et que tout dépend si les passagers se précipitent à l'avant ou à l'arrière. Il aurait suffi qu'un seul garçon dise quelque chose comme « génial » ou « joli, Smithy », et tout aurait été différent. Il aurait peut-être même pu y avoir une vénération silencieuse, avant que chacun n'enfile son maillot et n'entre dans le bassin. La rumeur se serait répandue dans l'école et il n'aurait plus risqué d'être victime de croche-pieds dans les couloirs. On lui aurait parlé dans le car ou à l'interclasse. Mais au lieu de cela, quelqu'un fit pencher la balance de l'autre côté. Robin était à l'avant-garde. Il vociféra quelque chose tout en montrant du doigt les poils pubiens et en se tournant vers les autres garçons pour s'assurer leur soutien. Tous se joignirent à lui, les cris se poursuivirent durant le restant de la journée et plusieurs jours après. Des semaines.
« Brousse » fut le mot que l'on cria. Brousse et ses nombreuses variantes, chacun essayant d'en imaginer une nouvelle version : brousse, broussailleux, broussaillon, brouisstiti, broussard, broussard-la-brousse, broussorama, face-de-brousse, Tom Brousse, Barbebrousse, brousse-aux-bourses, Brougs Bunny, brousseur, brousseux, broussourara, broussiba, Sa Majesté des Brousses, président Broush, M. Brousseux de la Cambrousse, exhibroussionniste, brousse-qui-pousse, brousse-qui-mousse, balai-brousse, broussi-san, Broussman, marabrousse-brousse-ficelle, brousse-et-brousse-et-ratatam.
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Quelqu'un le raconta aux filles, et par conséquent toutes les filles surent qu'il était le premier garçon de la classe à avoir des poils pubiens. L'une d'elles vint le trouver à l'heure du déjeuner et lui demanda si c'était vrai. Elle était visiblement à deux doigts de se laisser impressionner, mais comme ses copines rigolaient, il répondit que non. Il répondit qu'il le contestait vigoureusement. Robin et un autre garçon entendirent ces propos et lui baissèrent son pantalon afin de vérifier publiquement les faits. Il y eut une certaine quantité de rires vicariants de la part d'à peu près tout le monde dans son voisinage.
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Il resta chez lui quelques jours au lieu d'aller à l'école, après cela. Il passait l'essentiel de son temps au lit, à chercher vagin et vulve dans le dictionnaire.
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Il comprit, déjà, que quelques années plus tard, ces mêmes garçons auraient ou prétendraient avoir des rapports sexuels et qu'on se moquerait de lui en le traitant de vierge. De virginal. Quelqu'un se rendrait compte que virginal ressemblait à vaginal et on le traiterait de vagin, de tête-de-vagin. Il pouvait précisément visualiser la scène. Elle ne comportait aucune logique. Elle était vengeresse. Il n'y avait pour lui aucun moyen de gagner. Il n'y avait pas d'espoir de gagner. Il en retirait un sentiment de vexation.
Mais il comprit aussi qu'un jour il s'en irait. Au bout du compte, il s'en irait. Et quand il serait parti, eux seraient toujours là. Il déménagerait dans une grande ville, irait à l'université et se lierait d'amitié avec des gens qui n'éprouveraient pas le besoin de se moquer de lui ni de le rabaisser, des gens qui s'intéresseraient à la lecture, à l'art, à la philosophie et quantité de sujets variés. Alors que Robin et tous les autres seraient encore ici, avec leur vocabulaire limité, à travailler dans des usines de transformation de volaille et de conditionnement de légumes, cherchant quelqu'un d'autre à victimiser.

Victorieux serait un terme qu'il pourrait utiliser à ce moment-là. Véridiquement.

En surveillant les moutons


Alford


Ils lui dirent qu'il n'était pas autorisé à entrer dans l'enceinte de l'école. Ils n'employèrent même pas le terme « autorisé », pour commencer ; ils dirent juste qu'il vaudrait mieux, selon eux, qu'il n'entre pas. Mieux pour toutes les personnes concernées, voilà ce qu'ils dirent. Seulement on n'avait même pas l'impression que ces personnes l'incluaient, lui. Ça lui était à peu près égal, ce qu'ils pensaient, répondit-il, il voulait juste entrer voir sa fille. C'est à ce moment-là qu'ils lui barrèrent vraiment le passage en disant qu'il n'était littéralement pas autorisé à entrer dans l'enceinte de l'école.
Bon Dieu, c'était la Nativité de l'école.
Quand aurait-il une autre occasion de venir voir sa petite fille dans sa toute première Nativité montée par l'école ? Jamais, voilà quand. Mais l'homme se contentait de rester là, inébranlable et tout, les bras croisés pour montrer à quel point il était absolument inébranlable. Il dit s'appeler Carson. M. Carson. Ce n'était même pas le directeur ni rien, mais tous les autres enseignants étant à l'évidence des femmes, on l'avait probablement envoyé, lui, pour s'occuper du problème.
Voilà ce qu'il était maintenant. Un problème.
Il dirait avoir répondu à M. Carson : Écoutez, il n'est question que du réfectoire ici. Il allait seulement rester au fond. Il n'essaierait pas de lui parler. Rachel n'aurait même pas à savoir qu'il était là, il pouvait se cacher derrière un autre parent, il pouvait s'éclipser avant la fin. Ça ne présentait pas forcément d'inconvénient. M. Carson se contenta de rester immobile en disant que ce n'était pas lui qui décidait.
Ouais c'est moi qui vais décider pour toi espèce de binoclard de mes deux.
Ça, il ne le dit pas. Il se serait bien gardé de dire une chose pareille, ces temps-ci. Il n'était pas là pour causer des ennuis. Il n'était là que pour voir une pièce représentant la Nativité. Les bergers éprouvaient une peur considérable. Les rois mages suivaient cette étoile lumineuse à l'est. Tout ça. Il n'y avait pas de place à l'auberge. Il leva les mains en signe de capitulation. Un geste de conciliation. Il en avait appris là-dessus, lors des séances. Il hasarda même un sourire. Il dirait avoir répondu à M. Carson que d'accord, il s'en allait maintenant, qu'il était désolé d'avoir causé un dérangement, qu'il espérait que le spectacle se passerait bien et puis quelqu'un pouvait peut-être faire savoir à Rachel que son père lui disait bonjour ? M. Carson fit un haussement d'épaules déçu et lui dit au revoir. Sans préciser s'il passerait ou non son bonjour à Rachel, notez bien. Il y avait d'autres parents, en retrait derrière lui, qui attendaient de pénétrer dans l'école et ne voulaient pas se retrouver mêlés à cette histoire. Mais qui se tenaient suffisamment près pour entendre, et ensuite aucun d'entre eux ne croisa son regard lorsqu'il fit demi-tour pour s'en aller. Comme s'ils ne le connaissaient pas ou ne savaient pas ce qui se passait.
Ils savaient, pourtant. Tous savaient, dans les environs. D'aucuns avaient même su certaines éléments avant lui, quand il lui aurait été utile d'être mis au courant. Tous aiment entendre des choses, mais pas un n'a très envie de les faire savoir.
Il parvint au coin de la rue avant de se retourner. Les autres parents étaient tous bien en sécurité à l'intérieur et M. Carson fermait la porte. La verrouillait, probablement. Voire disait quelque chose comme quoi on n'était jamais trop prudent. Il s'éloigna. Calmement. Il longea la clôture qui entourait le stade de l'école, là où la route descendait un peu et où l'on pouvait voir au-delà des abords du village. Quelqu'un était en train de labourer, ce qui semblait prématuré mais qu'en savait-il. Les mouettes suivaient, derrière la charrue. Il atteignit le panneau indiquant : Propriété de l'école. Interdiction de promener son chien et escalada le double portail à cet endroit. C'était plus difficile que dans le temps. Ils venaient par ici, quand il était gamin et qu'ils cherchaient un endroit pour jouer au football. Ou bien, par la suite, un endroit pour boire. Il était même venu ici une fois ou deux avec elle, avant d'avoir une voiture.
Il n'avait pas vraiment de plan en tête, maintenant.
Il n'était pas ici pour causer des ennuis.
Il pouvait se contenter de rester devant le réfectoire et d'écouter. Il pourrait probablement entendre Rachel par-dessus toutes les autres, tant elle avait une belle voix. Elle tenait ça de sa mère, la voix. Entre autres choses. Il traversa le stade en direction du réfectoire. D'une allure paisible et décontractée, sans courir ni baisser la tête ni rien. Il n'allait pas se faire remarquer. Comme les rideaux étaient tirés, personne ne pouvait ne serait-ce que le voir. Il écouta, l'oreille collée à la vitre. On chantait une chanson sur les anges et ensuite, quand elle se tut, il entendit une petite fille dire Joseph Joseph tu dois nous trouver un endroit où loger, le bébé ne va pas tarder. Ça n'avait pas l'air d'être Rachel. Le rôle de Marie était probablement tenu par une fillette plus âgée. Rachel le jouerait peut-être une autre année, quand elle serait plus grande. Il y aurait d'autres années, après tout. Il n'y aurait pas toujours ce problème. Mais c'était sa première Nativité. Il ne pouvait pas manquer la première.
Il ne savait même pas quel rôle elle tenait. Il n'en savait rien du tout. Il n'avait découvert l'existence du spectacle que quand il en avait entendu parler par des dames au bureau de poste.
Il ne savait pas si la mère de Rachel était présente. Si oui, elle occupait sans doute une place de choix au premier rang. Garantie. Tout le temps qu'il avait attendu au bout de la rue partant de l'entrée principale, il ne l'avait pas vue. Mais elle était devenue très douée pour les déplacements en catimini, ces derniers mois. Depuis l'injonction. Elle avait donc facilement pu trouver un autre chemin pour se faufiler à l'intérieur. Et elle ne se cachait pas derrière un autre parent, ni ne se faisait toute petite au fond du réfectoire. Elle devait être pile dans la ligne de mire de Rachel, pile là où elle pouvait la voir. Et la petite Rachel était ravie de voir sa mère, sa petite frimousse s'illuminait probablement en cet instant, au milieu de cette chanson sur les joyeux moutons qui descendaient des collines pour découvrir l'enfant Jésus couché dans une crèche, et c'était chouette, c'était bien, il était heureux de penser à sa petite frimousse qui s'illuminait comme elle savait le faire. Il voulait juste être là pour la voir quelquefois, rien de plus. Il voulait être celui qui la ferait s'illuminer, quelquefois, rien de plus.
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Il aperçut M. Carson qui traversait le champ dans sa direction, l'air résolu et tout. Il y avait d'autres personnes avec lui. Il se retourna vers le réfectoire et fit glisser son visage le long de la fenêtre pour essayer de trouver un espace entre les rideaux, tout en guettant le son de cette petite voix qu'il était venu entendre.
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Il ne savait même pas comment tout s'était mis à aller de travers. Avec la mère de Rachel. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, contrairement à la plupart de ceux qui allaient aux séances et avaient quelqu'un à qui en vouloir. Ce n'était pas sa faute. Mais ce n'était pas vraiment sa faute à lui non plus, et un tel phénomène ne surgissait pas de nulle part. Peut-être était-ce leur faute à tous les deux, dans un sens. Peut-être y avait-il des choses qu'il n'aurait probablement pas dû dire ni faire. Ni casser. Casser des objets n'avait jamais aidé. Seulement il y avait des fois où il était difficile de savoir quoi faire d'autre. Quand elle disait ces choses-là. Quand elle faisait exprès de mal comprendre ce qu'il essayait de dire.
Il s'était toujours assuré que Rachel n'était pas là pour voir. C'était un élément qu'on pouvait mettre à sa décharge.
C'était d'ailleurs une façon de parvenir à de nouveau toucher sa femme, du moins.

Plus tard, tandis que les policiers le soulevaient du sol après lui avoir passé les menottes, il remarqua que l'on avait ouvert les rideaux du réfectoire et il crut apercevoir Rachel debout au bord de la scène, vêtue de ce qui devait être un déguisement de mouton. Elle avait un peu grandi depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. Il ne fallut pas longtemps. Il tenta de lui sourire et de lui lancer un bonjour. Mais à moins qu'elle n'ait été en train de faire une très bonne prestation, elle avait l'air sacrément bouleversé, sacrément en larmes, effrayé et tout. Ce qui lui fit se demander ce qui se passait là-dedans, si on ne l'aurait pas forcée à jouer dans la Nativité de l'école alors qu'elle n'en avait pas vraiment envie, ou si elle avait oublié son texte et que personne ne l'avait aidée à se le rappeler. Il se demanda pourquoi personne ne s'occupait d'elle maintenant, alors qu'elle restait là toute seule, en larmes et l'air bouleversé. Il se demanda ce que c'était que cette école dans laquelle sa mère l'envoyait, d'ailleurs.
Il reviendrait sans conteste chercher des réponses. Cela ne faisait aucun doute. Dès qu'il aurait réglé le problème du moment. Ils n'avaient pas à s'en faire pour ça, aucun d'entre eux. Il reviendrait et quelqu'un allait s'entendre demander, en termes on ne peut plus clairs, de fournir des explications.