+ Christmas Pudding - Mitford Nancy
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Christmas Pudding

"Christmas Pudding" de Nancy Mitford,
traduit de l'anglais par Anne Damour.

Prologue

1er novembre, quatre heures de l'après-midi, une journée sombre et brumeuse. Seize personnages en quête d'auteur.
Paul Fotheringay, à son domicile d'Ebury Street, contemplait les services de presse de son livre, Crazy Capers, qui venaient de lui parvenir par la poste. Songeant à la soirée solitaire qui l'attendait, il hésitait à téléphoner à un de ses amis, mais à quoi bon, se dit-il. Ils seraient tous pris à cette heure. Il s'étonnait de l'incroyable dynamisme des gens, qui non seulement avaient l'énergie de s'activer du matin au soir, mais aussi de prendre des dispositions et de concevoir les plans nécessaires pour les mettre à exécution. C'était déjà bien qu'il parvienne à faire des choses, il ne fallait pas en plus lui demander de faire des plans. Il décida de rester seul.
Walter Monteath jouait au bridge avec trois autres personnes beaucoup plus riches que lui. Il jouait bien plus gros qu'il n'en avait les moyens et gagnait à tous les coups.
Sally Monteath essayait une robe qu'elle ne pourrait jamais payer, à moins d'un miracle. Elle lui allait à ravir.
Marcella Bracket parlait au téléphone à un jeune homme et lui laissait entendre, très clairement, qu'il devrait l'inviter à sortir ce soir-là.
Amabelle Fortescue dressait la table du dîner. Elle hésita à placer un mari divorcé à côté de son ex-épouse, et décida que ce serait une bonne idée ; ils s'entendaient à merveille maintenant que cela n'était plus nécessaire ni même souhaitable.
Jerome Field dormait dans son bureau.
Miss Monteath, pas encore baptisée, dormait dans son landau.
Bobby Bobbin, à Eton, écrivait un mot à un garçon plus âgé que lui.
Philadelphia Bobbin était assise dans le salon de sa mère et contemplait le feu dans la cheminée. Elle espérait que la mort serait moins banale et ennuyeuse que la vie.
Lady Bobbin pataugeait dans la boue du Gloucestershire et maudissait la fièvre aphteuse qui les avait obligés à annuler la chasse en ce bel hiver au ciel dégagé.
« Je t'ai trop peu aimée dans la vie, je t'ai trop aimée dans la mort », chantait Lord Leamington Spa à un concert donné au profit du Jollier Villages Movement. Puis il chantait « Affreuse doit être la mort du plongeur », et en bis, « Sous le déodar ». Lady Leamington Spa convint avec la présidente du mouvement que son mari avait une voix charmante. « Notre fils est aussi doué pour la musique que son père », dit-elle fièrement.
Squibby Almanack, leur fils, assistait en compagnie de trois de ses amis, trois jeunes gens blonds et légèrement chauves, à un concert Bach dans Bond Street.
Le major Stanworth conduisait sa Morris Cowley sur la grand-route entre Oxford et Cheltenham. Il se rendait à l'école élémentaire où son petit garçon souffrait des oreillons.
Michael Lewes envoyait des invitations pour une garden-party donnée à la HBM Residency, au Caire. Il se vantait à voix haute de quitter définitivement la carrière diplomatique à Noël.
La duchesse de St. Neots parlait d'un scandale avec une vieille amie. Chaque parole qu'elle prononçait eût suffi pour lui intenter un procès en diffamation. Sa fille d'un précédent mariage, Miss Heloise Potts, écoutait depuis une alcôve où elle espérait vivement rester dissimulée.
Seize personnages en quête d'auteur.

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Il existe à la Tate Gallery une salle qui, à notre époque où l'on ne respecte rien, sert davantage de passage vers la collection de peinture française de Sir Joseph Duveen que de destination propre. Il doit y avoir quantité d'amateurs de peinture qui l'ont traversée à la hâte un nombre incalculable de fois et qui seraient incapables de nommer, encore moins de décrire un seul des joyaux de la culture victorienne qui y sont présentés, tant l'esprit humain est capable de rejeter les impressions dont il n'a pas l'usage.
À la vérité Paul Fotheringay, jusqu'à ce deuxième jour de novembre où il se trouva assis dans cette salle, en avait ignoré l'existence même. Il remarquait maintenant qu'y étaient essentiellement exposés de grands tableaux rébarbatifs de l'école « tout tableau raconte une histoire », mêlés à des spécimens plutôt médiocres du préraphaélisme et à quelques dessins formalistes de Ruskin. Il était assis sur une banquette raide et brillante, absorbé dans la contemplation d'une dame âgée qui s'évertuait, sans guère de succès, à reproduire le visage régulier mais peu avenant de Mme Rossetti. Car c'était jour de copie à la Tate. Paul se demanda comment elle parvenait à obtenir une peinture aussi parfaitement lisse. C'était très habile de sa part. Chaque fois qu'il avait tenté de s'exprimer sur une toile, le résultat avait été invariablement un amas de grumeaux irréguliers ; un style bien à lui, naturellement, se plaisait-il à penser, et pas désagréable. Néanmoins, il se rendait compte que, même s'il l'avait voulu, il aurait été incapable d'atteindre cet aspect presque huileux qui semblait si facile pour cette copiste d'un certain âge.
Toutefois ses réflexions se détournèrent rapidement du monde extérieur et revinrent à sa détresse profonde. Quand un homme est déchiré au-delà du supportable dans les deux domaines les plus importants de son existence ; quand des mois de labeur portent un fruit plus amer que l'échec ; et quand, au même moment, celle qu'il adore se montre définitivement indigne d'adoration, alors en vérité cet homme est malheureux.
Ainsi pensait Paul, et oscillant sous le double regard de Mme Rossetti, il considéra pour la énième fois les deux raisons de sa dépression actuelle, à savoir le comportement de sa fiancée, Marcella Bracket, et l'accueil réservé par le public à son premier roman, Crazy Capers, paru dans la semaine. Il eût été difficile de préciser laquelle était la plus mortifiante. L'accueil fait à son livre paraissait, au premier abord, extrêmement gratifiant. Les critiques, même ceux qui n'avaient été ni à Eton ni à Oxford en même temps que lui, l'avaient encensé avec excès, et une étonnante unanimité ; le chèque qu'il recevrait de son éditeur promettait d'être beaucoup plus généreux que ceux qui souvent (et heureusement) empêchent les jeunes auteurs de jamais reprendre la plume. Le livre, en réalité, connaissait un succès indéniable. Mais comment ces louanges ou la promesse d'un gain mirobolant pouvaient-elles compenser de quelque manière que ce soit pour le malheureux Paul le fait que son livre, l'enfant de son âme auquel il avait consacré plus d'un an de travail, y déversant toute l'amertume d'une nature amère, décrivant avec sérieux, pensait-il, et avec passion, les subtilités de la psychologie d'un jeune homme et s'élevant jusqu'à cet aboutissement tragique, à ses yeux presque insoutenable, du pacte suicidaire de son héros et de son héroïne, avait été applaudi avec enthousiasme de toute part comme la plus drôle, la plus désopilante des farces publiées depuis des années. Lui qui avait écrit avec un seul but en vue, l'approbation sincère d'un petit cercle cultivé et raffiné, se voyait aujourd'hui exposé comme un clown et un bouffon aux railleries et aux rires stupides de la foule.
Ses yeux, fixés sur le portrait, s'emplirent de larmes, de sorte que les traits de Lizzie se brouillèrent et ses cheveux devinrent encore plus vaporeux, tandis qu'il se souvenait le cœur serré qu'un critique après l'autre l'avait dépeint comme le nouvel humoriste et son livre, comme le plus drôle du mois. Tristement il tira de sa poche une liasse de coupures de presse. Il les savait déjà par cœur, et les regarder à nouveau lui fut aussi pénible que s'il appuyait sur une dent douloureuse dans l'espoir qu'après tout la douleur soit supportable.
LE LIVRE DIVERTISSANT D'UN NOUVEL AUTEUR
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Contrastant agréablement avec l'uniforme mélancolie de Tragedy in a Farmyard de Miss Lion, Crazy Capers, premier roman de Paul Fotheringay, est le livre le plus amusant qui ait été publié depuis des mois. Cette fantaisie délicieuse maintient d'un bout à l'autre un niveau d'humour remarquable et devrait trouver sa place dans les bibliothèques de ceux qui aiment rire de bon cœur.
UN PREMIER ROMAN REJOUISSANT
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... J'ai moi-même rendu à plusieurs reprises à M. Fotheringay le sincère hommage d'un éclat de rire sonore à la lecture des aventures absurdes de son héros, Leander Belmont... Même si Crazy Capers n'a que peu ou pas de rapport avec la réalité, on ne doit pas moins remercier son auteur d'avoir écrit une fantaisie aussi spirituelle.
DEBUTS D'HUMORISTE D'UN ANCIEN DIPLOME
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Le premier roman de Paul Fotheringay, Crazy Capers (Fodder & Shuttlecock, 7s 6d.) est un des livres les plus divertissants qu'il m'ait jamais été donné de lire en tant que critique. Il m'a parfois rappelé M. Wodehouse à son meilleur, ainsi que M. Evelyn Waugh à son plus cynique, et pourtant il est d'une originalité frappante. Je l'ai refermé avec regret et envisage de le relire dès que j'en aurai l'occasion. Crazy Capers est l'histoire d'un jeune aristocrate sans le sou, Lord Leander Belmont, qui, sorti diplômé d'Oxford avec double mention, est incapable de trouver d'autre activité correspondant à ses capacités que celle d'assistant d'un prêteur sur gages. Lord Leander est un personnage extrêmement amusant, ainsi que sa fiancée, Clara. Le dernier chapitre en particulier, au cours duquel ils tentent de se suicider en se jetant dans la Tamise, sans y parvenir en raison de la vigilance de la police fluviale, pour finir par rien de plus tragique qu'un bain de boue, est un chef-d'œuvre d'humour. J'ai ri jusqu'à être littéralement obligé de sortir de la pièce...
Avec une immense amertume Paul se souvint des conditions dans lesquelles il avait écrit ce dernier chapitre, travaillant toute la nuit jusqu'à ce qu'il soit convaincu d'être arrivé à l'exacte combinaison de tragique et de pathétique recherché. Pendant qu'il écrivait, les larmes ruisselaient sur ses joues. La frustration de deux âmes, malmenées par des circonstances sur lesquelles ils n'avaient aucune prise, incapables même de réussir à s'évader d'un monde qui désormais ne pouvait rien leur apporter, lui avait paru un thème noble, beau et émouvant. Or personne n'avait ne fût-ce qu'un tant soit peu compris son propos, personne.
Remettant les coupures de presse dans sa poche, Paul en sortit une lettre qui détourna ses pensées vers un sujet encore plus douloureux.
Paul chéri (disait-elle).
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Quelle exquise gentillesse de votre part de m'envoyer un exemplaire de Crazy Capers - j'ai été absolument charmée qu'il me soit dédicacé, une délicieuse surprise en vérité. J'espère qu'il connaîtra un succès retentissant, il le mérite certainement, pour ma part je n'aurais pu imaginer quelque chose de plus drôle. J'ai ri aux éclats du début à la fin. Je ne vous savais pas capable d'écrire un livre aussi amusant. Je dois m'éclipser à présent, très cher, j'ai rendez-vous avec Eddie, toute mon affection et mille baisers de
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Marcella
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P.S. À très bientôt.
Paul poussa un long soupir. Que cette jeune fille qu'il adorait si éperdument ridiculise son livre était certes blessant, mais ce n'était pas un coup fatal ; il n'avait jamais, pour dire la vérité, tenu son esprit en haute estime. C'était son attitude cruelle et insensible envers lui qui le rendait si malheureux.
Considérant sa jeunesse (elle avait vingt-deux ans), Marcella Bracket présentait toutes les pires caractéristiques du chasseur de lion portées à un point extrême. Elle appartenait à cette espèce rare et peu recommandable, celle du snob intellectuel dépourvu d'intelligence. Les poètes et les peintres étaient pour elle ce que les comtes et les marquis sont au snob ordinaire ; le sommet de son ambition était d'appartenir à ce qu'elle prenait pour le gratin de l'intelligentsia, d'être admirée et adulée par des gens célèbres. Malheureusement pour elle, bien qu'elle connût par l'intermédiaire de ses parents plusieurs comtes et marquis, elle n'avait jusqu'alors pas réussi à nouer le plus petit début de relation avec un quelconque homme de lettres célèbre, et aucun peintre de talent à qui elle avait été présentée n'avait réellement insisté pour faire son portrait. Dans ces conditions, quand le pauvre Paul tomba amoureux d'elle, et pour une raison inexplicable dès le premier regard, elle vit en lui un premier barreau prometteur de cette échelle particulière menant à la reconnaissance sociale qu'elle avait l'ambition de gravir. Elle lui permit même de penser qu'ils étaient officieusement fiancés afin de pouvoir se montrer en sa compagnie, rencontrer ses amis, pour la plupart des gens qu'elle désirait connaître depuis longtemps, tout en lui empruntant certaines idées et expressions qui pouvaient servir de passeport pour accéder à cette société dont elle espérait devenir membre. Plus tard, naturellement, elle avait l'intention d'épouser un homme riche et terne afin de s'établir à Chelsea - de jouer un rôle d'hôtesse ; en attendant elle était ravie et flattée d'être l'objet d'une passion sans espoir de la part d'un homme déjà réputé comme l'un des plus brillants de la jeune génération.
Paul, qui malgré ses soupçons ne se rendait pas pleinement compte de la situation, et de plus se croyait très amoureux, était sans cesse plongé dans un état de morosité et de dépression provoqué par la manière dont elle le traitait. Ce jour même, espérant ainsi s'attacher sa compagnie pour l'après-midi, il l'avait invitée à déjeuner au Ritz, un luxe qu'il pouvait à peine se permettre. Il était arrivé, il est vrai, avec quelques minutes de retard, pour découvrir qu'elle était accompagnée de ce pantin bêtifiant d'Archibald (Chikkie) Remnant. Il les trouva en train de boire des cocktails au champagne. Quand Paul fit son entrée, elle lui adressa à peine la parole et continua à potiner avec ce sot pendant au moins vingt minutes, au bout desquelles « Chikkie », ayant laissé entendre à plusieurs reprises qu'il aimerait être invité à déjeuner, s'en alla, laissant Paul régler les cocktails. Le repas qui suivit lui apporta peu de satisfaction ; Marcella se montra sous son jour le plus agaçant. Lorsqu'elle ne commandait pas tout ce qu'il y avait de plus cher sur la carte, car elle avait pour principe dans l'existence que plus vous faites payer les gens, plus vous obtenez d'eux, elle racontait à n'en plus finir ses succès auprès de jeunes gens inconnus de Paul. Il se rendit compte que, loin d'avoir l'intention de passer l'après-midi avec lui, elle avait prévu de le quitter sitôt le déjeuner terminé, et de se rendre à Heston pour une leçon de pilotage avec un autre de ses admirateurs. Le sentiment qu'elle lui échappait une fois de plus le mit d'une humeur de chien, et il fut presque content de la voir finalement partir à bord d'une grande Bentley pour sa destination de loopings, vrilles, et de biplans Wapiti à moteur Jupiter. Il était convaincu que débuterait bientôt un flirt aérien, car Marcella était une séductrice invétérée.
En attendant il était allé se consoler dans le quartier de Millbank, et y avait découvert, comme sans doute bien d'autres avant lui, qu'il y a dans l'art authentique une qualité qui requiert le contentement sinon le bonheur du spectateur, sa véritable harmonie ne servant qu'à accentuer l'absence d'harmonie intérieure. En revanche, la contemplation d'œuvres médiocres, en provoquant dans l'esprit une sorte de fureur amusée, peut parfois apporter un minimum de distraction. Comme le portrait de Mme Rossetti. Paul avait toutefois l'impression que sa détresse actuelle était trop profondément ancrée pour qu'il puisse s'en libérer, et que même le temps aurait peu d'effet sur une situation comme la sienne. Il semblait n'y avoir aucun espoir, aucune lueur de réconfort. La carrière dont il rêvait depuis l'enfance, celle d'écrivain, lui était évidemment fermée ; il souhaitait ne plus jamais être l'objet d'un chœur de louanges exprimant une telle incompréhension. Et son aventure avec Marcella ne pouvait pas davantage connaître de conclusion satisfaisante, car bien qu'il fût amoureux d'elle il savait qu'elle le décevrait toujours.
La copiste descendit de son haut tabouret et commença à ranger ses affaires. Des lumières s'allumèrent, donnant à l'endroit un aspect encore plus lugubre, et une sorte de brouillard sembla s'être infiltré à l'intérieur, bien que dehors la journée fût belle et claire. Les pensées de Paul revinrent à son environnement actuel. Il consulta sa montre, qui s'était arrêtée comme à l'habitude, et décida de rentrer chez lui. Marcella pouvait téléphoner, auquel cas il préférait être présent - sa logeuse prenait très mal les messages. Il se leva, et se dirigeait vers la porte quand il aperçut la silhouette caractéristique de Walter Monteath qui traversait la galerie Turner d'un pas vif, se dirigeant, certainement, vers la salle de peinture française. Walter se retourna en entendant prononcer son nom, et apercevant Paul, dit :
« Hello, vieux frère, quelle surprise de vous voir ici. J'en suis enchanté. À propos, Sally et moi avons failli mourir de rire en lisant votre livre ; divin. Ces policiers ! Vraiment, j'en avais mal aux côtes. Et le prêteur sur gages est tordant lui aussi. Comment avez-vous pu inventer tout ça ? Je donnerais beaucoup pour être capable d'écrire un livre de ce genre, tout le monde en parle. Bon, et vers quoi vous dirigez-vous à présent ?
- Je ne sais pas, dit Paul, s'efforçant de paraître ravi de ces compliments. Êtes-vous occupé ? Nous pourrions prendre un verre quelque part ?
- Volontiers. En réalité, je m'apprêtais à aller à un cocktail chez Amabelle, pourquoi ne pas m'y accompagner ? Je sais qu'elle désire vous voir ; elle a demandé de vos nouvelles pas plus tard qu'hier. Si vous voulez bien attendre un instant pendant que je jette un coup d'œil aux Puvis, nous irons ensuite directement. Une voiture m'attend dehors, pour une fois elle n'est pas en réparation au garage. »
Pendant que Walter, qui s'apprêtait apparemment à écrire un article sur Puvis de Chavannes, étudiait le portrait de saint Jean-Baptiste, Paul contempla le grand Manet et eut envie de mourir. Il comprit cependant, comme le héros de son propre livre, qu'il serait trop lâche et vain de commettre un suicide en bonne et due forme ; il n'était pas un soldat romain se précipitant sur son glaive.
Peu après, alors qu'ils se dirigeaient vers la maison de Mme Fortescue dans Portman Square, Walter dit, criant pour se faire entendre au milieu des couinements, grondements et grincements de sa vieille voiture :
« Sally et moi avons rencontré Marcella hier soir ; elle était avec ce pauvre abruti de Remnant et ils se sont joints à nous plus tard. Nous lui avons trouvé l'air d'une vieille chose maussade. Que pouvez-vous donc lui trouver, Paul ?
- Dieu seul le sait », répondit Paul d'un ton morne.