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Retour dans l'oeil du cyclone

"Retour dans l'oeil du cyclone" de James Baldwin,
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Borraz.

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La dangereuse route qui s'ouvre à Martin Luther King

J'ai rencontré Martin Luther King, Jr. pour la première fois il y a maintenant presque trois ans, à Atlanta en Géorgie. Il était venu directement de Montgomery, où il habitait, pour une courte visite. Il se « terrait », ne voulait voir personne, était accaparé par l'écriture d'un livre, m'informait sans pitié l'ami qui, à ma demande pressante, me conduisait à l'hôtel de King. Je me sentais terriblement coupable de le déranger, mais pas au point de laisser passer l'occasion. Pourtant, ayant grandi aux côtés de prédicateurs, je n'aurais pas été étonné que King envoie son ami au diable, refuse de m'adresser la parole et nous claque la porte au nez. Ni ne lui en aurais voulu, car je savais qu'il devait, déjà à cette époque, supporter l'admiration béate de plus d'un imbécile.
Mais le révérend King ne ressemble à aucun des prédicateurs que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Déjà, et l'expression est mauvaise, je l'aimais bien. Il est rare de bien aimer un homme mondialement célèbre - dès lors qu'ils sont mondialement célèbres, ils s'aiment rarement eux-mêmes, ce qui explique peut-être cette inimitié. Pourtant King vous charme, il n'y a pas d'autre terme pour cela, immédiatement et puissamment ; et voilà qu'il se tenait là, sourire sincère et interrogateur aux lèvres, dans l'embrasure de la porte de sa chambre d'hôtel. Derrière lui, un bureau était couvert d'un amas de papiers. Il jeta un regard à son ami, puis à moi et je fus présenté ; il me sourit, me serra la main et nous entrâmes dans la chambre.
Je garde peu de souvenirs de cette première entrevue car j'étais trop ému du fait même de le rencontrer. Il y avait des millions de questions que je voulais lui poser, mais j'avais peur de me lancer. D'ailleurs, son ami m'avait conseillé d'éviter de l'« enquiquiner », je n'étais pas là à titre professionnel, et les questions que je souhaitais lui poser concernaient moins son rôle public que sa vie privée. Par « vie privée », je n'entends pas ces petits ragots malicieusement juteux, ces détails insignifiants dont abondent les rubriques de potins et qui embrouillent l'esprit et détruisent l'humanité du sujet tout autant que du lecteur. Je voulais lui demander quel effet cela faisait d'occuper la position qui était la sienne, comment il la supportait, quelle conjonction de miracles l'y avait préparé. Mais c'est à peine si de telles questions peuvent être posées, à peine s'il est possible d'y répondre.
Et King n'aime pas parler de lui-même. Je l'ai décrit comme quelqu'un qui vous charme, mais il ne donne pas l'impression d'être particulièrement extraverti ou chaleureux. Sa retenue n'est pas, cependant, du genre froid, maladroit et agaçant que l'on retrouve chez tant de Noirs devenus célèbres qui ont laissé leurs aspirations et leur notoriété détruire leur identité et qui semblent sans cesse s'adonner à une imitation douteuse de quelque très improbable homme blanc. Non, King m'a frappé alors et il me frappe encore comme un homme solidement ancré dans les réalités spirituelles dont il sait parler avec tellement d'éloquence. Cela l'affranchit de l'hideuse piété qui prévaut tant dans sa profession, et l'épargne aussi de l'affreuse suffisance qui, jusqu'à récemment encore, était l'unique chose qui nous permettait de savoir avec certitude que nous avions affaire à un leader noir. King ne peut en aucune manière être considéré comme chauvin, que ce soit par accident, ou à l'occasion, ou par contrainte, ou inconsciemment. Ce qu'il dit aux Noirs, il le dit aux Blancs ; et ce qu'il dit aux Blancs, il le dit aux Noirs. Il est le premier leader noir à ma connaissance, ou depuis de nombreuses générations, dont on puisse dire cela ; la plupart de ses prédécesseurs étaient dans l'invraisemblable position de dire aux hommes blancs : Dépêchez-vous, et aux hommes noirs : Attendez. Ce fait est d'une importance capitale. Il en dit long sur la situation qui a vu naître King et dans laquelle il œuvre ; et, bien sûr, il en dit long sur l'homme lui-même.
« Il a tout traversé sans la moindre égratignure, me dit un de ses amis avec émerveillement et une pointe certaine de jalousie. Jamais il n'a été en conflit avec lui-même, à la différence de nous autres. » Ce « nous » auquel cet ami fait référence regroupe des gens tous passablement plus âgés que King, ce qui n'est sans doute pas sans lien avec cette description à peine esquissée d'une espèce de schizophrénie ; quoi qu'il en soit, le fait que King aime réellement les personnes qu'il représente et qu'il ne ressente - par conséquent - aucun besoin caché, intime de détester les Blancs qui s'opposent à lui, a eu et continuera d'avoir, je crois, les répercussions les plus retentissantes et imprévisibles sur notre situation raciale. Nul besoin de préciser que notre situation raciale est bien plus complexe et dangereuse que nous ne voulons bien le penser - puisque notre désir premier est de ne point y penser du tout - et que le rôle joué par King dans cette situation est d'une difficulté sans précédent.
On ne doit pas, par exemple, le confondre avec Booker T. Washington, que nous avons, non sans gratitude, laissé résoudre à lui seul le problème racial. C'est Washington qui affirmait, en 1895, soit un an avant que cela ne devienne la loi du pays, que l'éducation des Noirs ne susciterait pas chez ces derniers le moindre désir de devenir égaux ; ils se contenteraient de demeurer - ou plutôt, après avoir vécu plusieurs générations dans la plus grande intimité avec les Blancs, de devenir - séparés. Que cette idée totalement saugrenue, qui réfute l'objectif même de l'éducation, qui n'a aucun fondement historique ou psychologique et qui nie l'ensemble des principes sur lesquels ce pays s'imagine avoir été fondé, ait été non seulement acceptée avec enthousiasme mais soit devenue la pierre angulaire de tout un mode de vie, donne la mesure de l'irréalité à laquelle la présence du Noir a déjà réduit la nation. Et cela n'est pas advenu, soit dit en passant, en raison uniquement du venin ou de l'infamie du Sud. Sans le consentement tacite du Nord, cela n'aurait jamais pu advenir ; et ce consentement dépossède le Nord, historiquement et aujourd'hui encore, du droit de se proclamer moralement supérieur.
L'incapacité du gouvernement à prendre des dispositions réalistes pour mener à bien l'éducation de dizaines de milliers d'anciens esclaves illettrés a eu pour effet de renvoyer le problème directement sur le dos d'un seul homme - qui savait, peu importe ce qu'il ne savait pas par ailleurs, que l'éducation des Noirs devait d'une manière ou d'une autre s'accomplir. Que Washington ait cru ou non ce qu'il disait est certainement une question qui ne manque pas d'intérêt. Mais une chose est certaine : il savait qu'il obtiendrait ce qu'il voulait pour peu qu'il dise aux Blancs ce qu'ils désiraient entendre. Et il n'a jamais été très difficile dans ce pays pour un Noir de déduire ce que veulent entendre les Blancs, puisqu'il conçoit sa condition en écho à leurs désirs.
Il n'y aura plus de Booker T. Washington. Et que cela nous plaise ou non, et peu importe la véhémence ou la durée de notre opposition, il n'y aura plus d'écoles ségréguées - il n'y aura plus rien de ségrégué. King a entièrement raison lorsqu'il dit que la ségrégation est morte. La véritable question qui se pose à la République est combien de temps dureront, et dans quel climat de violence et à quel prix, ses funérailles ; c'est à la République d'apporter la réponse, non à King. Plus vite le corps sera mis en terre, plus vite nous pourrons nous atteler aux problèmes autrement ardus et gratifiants de l'intégration, ou de ce que King appelle la communauté, et de ce que je conçois pour ma part comme l'accomplissement de la nation ou, plus simplement et plus cruellement, comme le passage à l'âge adulte de ce pays dangereusement adolescent.
J'ai revu King, plus tard dans la journée, lors d'une soirée organisée par ce même ami. Il est arrivé tard, et n'est pas resté longtemps. Je me souviens qu'il se tenait dans un coin sombre de la pièce, près d'une bibliothèque, une boisson sans alcool à la main, écoutant patiemment un interlocuteur qui avait réussi à le coincer. De toute évidence il souhaitait s'échapper et aller se coucher. King est un peu en dessous de la taille généralement considérée comme moyenne ; plutôt charpenté, il me parut finalement moins râblé qu'au premier abord. Je me souviens avoir pensé, un peu comme s'il s'était agi d'un frère cadet bien-aimé et en danger, qu'il paraissait bien fragile et vulnérable pour entreprendre une telle bataille.

Comme je devais me rendre le lendemain à Mont-gomery, j'ai téléphoné à King ce matin-là pour lui demander qu'un membre de la Montgomery Improvement Association me retrouve à l'aéroport. C'était lui-même qui me l'avait proposé, car il savait que je ne connaissais personne dans cette ville et se doutait sans doute, aussi, que j'avais peur. Il était par ailleurs prévu que King rentre sous peu à Montgomery pour délivrer un sermon dans sa paroisse.
Montgomery est le berceau de la Confédération, une distinction malheureuse qu'il n'est permis à aucun de ses habitants d'oublier. La Maison Blanche qui symbolisait et abritait ce gouvernement éphémère existe toujours et « les gens, me relata un des pasteurs de Montgomery, déambulent dans ses couloirs en pleurant ». Je le crois volontiers, le peuple de Montgomery ayant hérité d'une véritable montagne de pots cassés. Le boycott avait pris fin plus d'un an auparavant, une fin ordonnée par décret fédéral déclarant illégale la ségrégation dans les bus. Par conséquent, l'atmosphère dans Montgomery était tout à fait singulière. Je crois que je ne me suis jamais trouvé dans une ville aussi hostile envers toute chose, aussi déroutée et démoralisée. Celui qui possède une pierre et la lance se retrouve sans arme : c'était (et cela demeure) la situation des Blancs à Montgomery.
Je pris un bus, par exemple, uniquement pour y observer la situation. En montant à bord, je me rendis soudain compte que j'avais oublié de m'enquérir du prix d'un tel trajet à Montgomery, et je posai donc la question au conducteur. Il me jeta le plus étrange, le plus hostile des regards, puis détourna le visage. J'ai glissé quinze cents dans la caisse et me suis assis, en choisissant, subtilement, une place située un peu en amont du milieu du bus. Le conducteur semblait avoir estimé que ma question n'était qu'un piège de plus venant d'un Noir, que je préparais un coup fourré, et que me répondre de quelque manière que ce soit reviendrait à s'exposer à un désastre. Il ne pouvait pas deviner ce que j'avais en tête, et il était hors de question qu'il prenne le risque d'aggraver son accablement personnel en essayant de le deviner. C'était là l'état d'esprit qui régnait dans la ville. Le bus poursuivit son itinéraire, s'arrêtant pour prendre des passagers blancs et noirs. Les Noirs s'asseyaient où bon leur semblait, jamais tout au fond ; une femme robuste chargée de paquets s'installa directement derrière le conducteur. Et, assis ici ou là, les Blancs, silencieux, froissés, indignés, faisaient mine de les ignorer.
Ce silence m'évoqua précisément celui qui suit une méchante dispute entre amants : les Blancs, sous leur froideur hostile, étaient déconcertés et profondément blessés. Ils se sentaient trahis par les Noirs, parce que ceux-ci avaient refusé non seulement de rester à leur « place », mais également de demeurer fidèles à l'image que la ville avait d'eux. Et, dépossédés de cette image, me semblait-il, les Blancs, brutalement, se retrouvaient complètement perdus. Les fondations mêmes de leurs univers privé et public s'effondraient.
Je n'avais jamais entendu King prêcher et, le dimanche, je me suis rendu dans sa paroisse pour l'écouter. L'église en question est une structure de briques rouges surmontée d'un clocher, située directement en face, de l'autre côté de la rue, d'un bâtiment blanc au toit en forme de dôme. Mes notes omettent d'indiquer s'il s'agit du capitole de l'État ou simplement d'un tribunal ; mais la juxtaposition de ces deux bâtiments - l'un bas, sombre, raide et agrémenté d'un clocher, l'autre haut, intimidant, d'un blanc mortuaire et surmonté d'un dôme - résume, d'une manière si explicite qu'un chef décorateur hésiterait à en reprendre le principe, la lutte actuelle à Montgomery.
À cette époque, King était assurément l'homme le plus adoré de Montgomery. Il était impossible, je pense, de pénétrer dans une de ces églises, si King était présent, sans ressentir cela. Bien sûr, je crois que King aurait été aimé par ses paroissiens de toute façon, ne serait-ce que parce qu'il y a immanquablement un large pourcentage de femmes qui adore le jeune pasteur, et pas toujours, ou pas nécessairement, pour ces lugubres raisons psychiques que tout le monde connaît désormais si bien. Non, il y avait une émotion dans cette paroisse qui transcendait tout ce que j'avais pu connaître jusqu'alors dans un tel lieu. Voici, si familière et cependant si inédite, l'église bondée, glorieuse par les plus beaux atours des femmes, solennelle par la sobriété touchante, lumineuse des hommes, merveilleuse par la présence des enfants. Et voilà les placeurs, debout dans les rangées, en robe blanche ou costume sombre et chacun son brassard. Des gens se tenaient le long des murs, de chaque côté des fenêtres, et debout au fond. King et ses assistants étaient dans la chaire ; le jeune Martin - c'est ainsi que je commençais à l'envisager - avait pris place dans un fauteuil au centre.
Lorsque King se leva pour parler - pour prêcher -, j'ai commencé à comprendre en quoi l'atmosphère de cette église se distinguait de celle de toutes les autres églises que j'avais connues. Dans un premier temps, j'ai cru que l'immense puissance émotionnelle et l'autorité de l'Église noire trouvaient ici un nouvel usage, mais ce n'est pas exactement le cas. L'Église noire jouait le même rôle qu'elle a toujours joué dans la vie des Noirs, mais, ici, elle avait acquis un pouvoir inédit.
Avant Montgomery, l'Église noire, qui avait toujours été le lieu où la protestation et la condamnation pouvaient s'articuler le plus distinctement, fonctionnait également comme une sorte de sanctuaire. En prenant la parole, le pasteur ne cherchait pas à provoquer des changements objectifs dans la vie de ses auditeurs, et ces derniers n'attendaient pas non plus cela de lui. L'unique chose qu'ils venaient chercher, et que le pasteur était en mesure de leur donner, était la nourriture spirituelle nécessaire pour affronter les aléas d'une journée d'existence de plus. King, nul doute, pouvait offrir cela à ses paroissiens, mais également bien davantage, et c'est ce qu'il avait fait. Il est vrai que c'est eux qui avaient commencé la lutte dont il était à présent le symbole et le leader ; vrai qu'il avait fallu qu'ils utilisent toute leur force de persuasion pour que King parvienne à surmonter sa profonde réticence à se tenir là où il se tenait désormais. Mais il est également vrai, et peu commun, qu'une fois acceptée la place qu'ils lui avaient préparée, leur lutte devint absolument indissociable de la sienne, s'emparant de son existence jusqu'à en prendre le contrôle. Il souffrait avec eux et put donc les aider dans leur souffrance. La joie qui emplissait cette église était par conséquent celle acquise par des gens qui ont cessé de se leurrer par rapport à une situation intolérable, qui ont vu leurs prières pour un leader miraculeusement exaucées, et qui savent, à présent, qu'ils peuvent changer leur situation, s'ils le veulent.
Et, assurément, très peu de gens leur avaient jamais parlé de la sorte. King est un grand orateur. Le secret de son talent ne réside ni dans sa voix, sa présence ou sa manière, bien qu'elles y prennent, d'une manière ou d'une autre, leur part ; ni dans quelque richesse ou aisance verbales, qui n'ont rien de remarquable ; King n'est pas non plus capable de ces éblouissantes envolées démagogiques de l'imagination qu'un public ovationne debout. Le secret réside, je crois, dans sa connaissance intime des gens auxquels il s'adresse, qu'ils soient blancs ou noirs, et dans la manière directe avec laquelle il parle de ces choses qui les déconcertent et les blessent. Il n'offre pas de réconfort facile et cela a pour effet de maintenir son auditoire dans un état de tension extrême. Il autorise le respect de soi - il insiste pour qu'il y ait respect de soi.
« Nous savons, leur dit-il, qu'il y a beaucoup de choses qui vont mal dans le monde blanc. Mais il y a beaucoup de choses qui vont mal dans le monde noir, aussi. Nous ne pouvons continuer de blâmer sans cesse l'homme blanc. Il y a beaucoup de choses que nous-mêmes devons faire pour nous-mêmes. »
Il en proposa plusieurs :
« Je sais qu'aucun de vous ne gagne assez d'argent - mais mettez-en un peu de côté. Et il y a certaines choses que nous devons regarder en face. Je sais que la situation est la cause de beaucoup d'entre elles, mais savez-vous que les Noirs constituent dix pour cent de la population de Saint-Louis mais sont responsables de cinquante-huit pour cent de ses crimes ? Nous devons regarder cela en face. Et nous devons revoir nos critères de conduite morale. Et nous devons cesser de mentir à l'homme blanc. Chaque fois que vous laissez l'homme blanc croire que vous pensez que la ségrégation est une bonne chose, vous collaborez avec lui pour faire le mal. »
« La prochaine fois, dit-il, que l'homme blanc vous demande ce que vous pensez de la ségrégation, dites-lui : Mr Charlie , je pense que c'est mal et j'aimerais que vous arrangiez cela avant demain matin neuf heures ! »
Cela déclencha une vague de rires, et King aussi sourit. Mais il croyait en chacun de ses mots, et il attendait de ses auditeurs qu'ils les transforment en actes. Eux aussi attendaient ça d'eux-mêmes - effet rare pour un sermon. Et, qu'ils aient été à la hauteur de cette attente, aucun citoyen blanc de Montgomery ne pouvait le nier.
Un dîner fut organisé ensuite dans le sous-sol de l'église, où je fis pour la première fois la connaissance de Mrs King - marron clair, délicate, vraiment très belle, et dotée d'un rire merveilleux - et eus loisir d'observer le jeune Martin circuler parmi les paroissiens et les visiteurs. Je l'ai entendu expliquer à l'un d'entre eux que le sectarisme était une maladie et que la première victime de cette maladie n'était pas la cible du sectaire, mais le sectaire lui-même. Et que seul l'amour pouvait sauver ces gens. Qu'en se libérant soi-même, il était possible de les libérer aussi. Une autre personne me montra les dégâts dans l'église provoqués par les bombes. King ne mentionna pas celles qui furent lancées contre sa propre maison, et je n'abordai pas le sujet. Le lendemain, tard dans la nuit, après un grand rassemblement dans une autre paroisse, je m'envolai pour Birmingham.